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Avec l'apparition des premiers cas de Covid-19 en France, en janvier dernier, et la mise en place, à partir du 17 mars, du confinement de la population décidé par les autorités, la vie des entreprises a été largement bousculée.
Comment poursuivre l'activité en garantissant la protection de la santé des salariés et éviter la propagation de la maladie ? Télétravail, chômage partiel, réorganisation des flux, port d'EPI, changements de rythme, nettoyage ou désinfection répétés des locaux et ateliers… des entreprises ont dû redoubler d'imagination pour s'adapter à la situation.

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Carole Gruet-Masson, coordinatrice santé sécurité des salaisons Bolard frères, entreprise spécialisée dans la fabrication de pâtés en croûte. 200 salariés permanents à Saint-Amour (Jura)

« Nous n’avons jamais cessé de travailler. Le 24 janvier, nous avons ouvert une cellule de gestion de crise, composée des membres du Codir. Le 28 février, nous avons commencé à communiquer sur les gestes barrières et, le 11 mars, le CSE a validé une communication plus large : messages sur les télévisions en salle de pause, affiches… Ça n’était pas une grande nouveauté pour nous, car il s'agissait d'un rappel des règles d’hygiène de notre secteur : port du masque, tousser ou éternuer dans son coude, nettoyage ou désinfection des mains…

Le 13 mars, la cellule de crise a défini le PCA, mis en place une veille, en s’appuyant notamment sur les informations de la Fict (NDLR : Fédération française des industriels charcutiers traiteurs). Les déplacements ont été fortement restreints ainsi que les rendez-vous sur site et les réunions. Une dizaine de personnes ont été mises en télétravail et notre équipe commerciale itinérante en chômage partiel. Après discussion avec notre médecin du travail, nous avons proposé aux personnes à risque de rester chez elles.

Nous avons ajouté des distributeurs de gel hydro­alcoolique à l’extérieur de nos bâtiments pour que le personnel administratif puisse aussi en bénéficier. Des règles ont été établies pour les chauffeurs : ils n’entrent plus dans le bâtiment, ne déchargent plus. En revanche, ils chargent et doivent porter un masque, que nous fournissons s’ils n’en ont pas. Nous avons aussi acquis un thermomètre que nous mettons à disposition si quelqu’un ne se sent pas bien… mais attention, ça n’est ni systématique ni un critère discriminant.

Le nombre de personnes en pause est ajusté.

Le nombre de personnes en pause est ajusté en fonction des tables et de leur espacement. Le nettoyage des zones de passage a été augmenté en nombre de points et en fréquence. Nous nous sommes aussi rapprochés de nos prestataires (produits frais, laboratoire d’analyses, fournisseurs de gaze, cartons, étiquettes…) pour connaître leur mode de fonctionnement.

Nous employons encore une vingtaine d’intérimaires, mais nous n’en recrutons plus. Ils ont le même niveau de formation et d’information aux gestes barrières que nos salariés, bien sûr grâce à l’affichage, aux télévisions, mais aussi par leur agence d’intérim.

Nous n’avons jamais manqué d’EPI, et notamment de masques, car nous avons généralisé le port de marinières à capuche avec masque intégré en nous assurant que le grammage du tissu était suffisant pour répondre aux besoins. Elles sont lavées tous les jours. Cela nous a permis de faire des dons de masques à du personnel soignant ainsi qu’à des Ehpad. » 

Propos recueillis par D. V.

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