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Avec l'apparition des premiers cas de Covid-19 en France, en janvier dernier, et la mise en place, à partir du 17 mars, du confinement de la population décidé par les autorités, la vie des entreprises a été largement bousculée.
Comment poursuivre l'activité en garantissant la protection de la santé des salariés et éviter la propagation de la maladie ? Télétravail, chômage partiel, réorganisation des flux, port d'EPI, changements de rythme, nettoyage ou désinfection répétés des locaux et ateliers… des entreprises ont dû redoubler d'imagination pour s'adapter à la situation.

Farida est auxilliaire de vie à Paris. Elle a choisi de continuer à travailler, malgré la peur d'attraper le virus, pour ne pas abandonner les personnes souvent très âgées qu'elle assiste au quotidien, parfois plusieurs fois par jour. Elle prend le maximum de précautions et s'équipe de masques et de gants chaque jour.  (6 avril 2020)

Farida est auxilliaire de vie à Paris. Elle a choisi de continuer à travailler, malgré la peur d'attraper le virus, pour ne pas abandonner les personnes souvent très âgées qu'elle assiste au quotidien, parfois plusieurs fois par jour. Elle prend le maximum de précautions et s'équipe de masques et de gants chaque jour. (6 avril 2020)

​►​ AIDE À DOMICILE

Julie Gauthier, directrice d’Amicial, association d’aide à domicile. Environ 1 000 intervenants à domicile. Le siège se situe à Avignon (Vaucluse).

«  Dans un premier temps, nous nous sommes recentrés sur les interventions vitales (couchers, levers, repas, aide aux toilettes) auprès des personnes les plus vulnérables ou les plus isolées. Cela a débouché sur une baisse de 50 % environ de notre activité, on a donc fait une demande de chômage partiel.

Toutes les personnes qui n’interviennent pas au domicile sont en télétravail : administratifs, managers, encadrement. Ça ne nous a pas posé de problème car j’y suis très favorable, même en temps normal. Donc quasiment tout le monde était déjà équipé de portables… On communique beaucoup, par téléphone, en visio, par mail.

Pour ce qui est des intervenants à domicile, nous avons beaucoup communiqué sur les gestes barrières, avec les moyens du bord : en créant un groupe Facebook, ce qui nous permet de faire passer très régulièrement des messages, que ce soit sous forme de tutoriels, de règles de bonne conduite... Et les personnes qui n’ont pas accès à ce groupe Facebooks ont appelées quasiment tous les jours par leur manager, ce qui permet de revenir sur les gestes barrières.

Jusqu’à très récemment, notre principale préoccupation était aussi de trouver des masques de type chirurgical… Nous nous fournissions auprès des pharmacies, mais c’était vraiment très, très compliqué car nous n’étions pas prioritaires. Donc quand on en trouvait, on les distribuait au compte-gouttes. Mais les choses viennent de changer : depuis la semaine dernière (NDLR : l’entretien a eu lieu le 14 avril), c’est l’Agence régionale de santé qui les distribue. On en a ainsi neuf par semaine et par intervenant. C’est déjà ça.

Notre principale préoccupation a été de trouver des masques de type chirurgical.

Depuis quelques jours, nous sommes confrontés à des cas avérés, non hospitalisés, de Covid-19 chez des bénéficiaires chez qui on doit intervenir. Nous avons donc maintenant un nouveau problème : trouver des masques de type FFP2, des charlottes, des lunettes et des surblouses. Pour se rendre chez ces personnes atteintes du Covid-19, nous avons fait appel au volontariat : seules les personnes qui le souhaitent y vont. Et nous ne faisons plus tourner les équipes chez ces personnes ,pour limiter les risques d’exposition et de propagation du virus.

Enfin, nous avons mis à disposition un infirmier qui peut être appelé à tout moment par ces intervenants… C’est lui, en tant que personnel de santé, qui est le mieux placé pour répondre et rassurer. Un exemple de question à laquelle il a dû répondre ? Comment procéder pour enlever le masque d’un bénéficiaire atteint du Covid pour lui donner à manger… c’est du pratico-pratique.

Nous faisons bien partie du secteur médico-social du point de vue légal mais nous souffrons du manque de reconnaissance de cet état de fait. Bref, on fait partie du secteur mais on reste la dernière roue du carrosse. » 

Propos recueillis par D. V.

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