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Avec l'apparition des premiers cas de Covid-19 en France, en janvier dernier, et la mise en place, à partir du 17 mars, du confinement de la population décidé par les autorités, la vie des entreprises a été largement bousculée.
Comment poursuivre l'activité en garantissant la protection de la santé des salariés et éviter la propagation de la maladie ? Télétravail, chômage partiel, réorganisation des flux, port d'EPI, changements de rythme, nettoyage ou désinfection répétés des locaux et ateliers… des entreprises ont dû redoubler d'imagination pour s'adapter à la situation.

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Olivier Theil, gérant de Mécatheil, entreprise de conception et fabrication de machines spéciales pour l’industrie. 30 salariés à La Feuillade-en-Vézie (Cantal)

« le 17 mars, j’ai réuni tout le monde pour expliquer que je ne me substituerais pas à la responsabilité du chef de l’État, car pour moi, le plus compliqué était cette non-prise de décision. À partir de là, j’ai dit que l’entreprise allait rester ouverte, car on avait du matériel, des commandes, des approvisionnements, et que la décision de travailler ou non incombait à chacun… Dix personnes ont pu être mises en télétravail, huit sont venues travailler à l’atelier, huit ont été mises au chômage partiel et quatre ont bénéficié de l’arrêt de travail lié à la garde d’enfants.

Dès le lendemain, j’ai travaillé avec notre assistante de direction, qui a en charge le volet HSE, à la rédaction d’une annexe « Coronavirus Sars-Cov-2 » de notre document unique. Nous l’avons écrite avec le service de santé et la Carsat Auvergne, puis fait valider par notre médecin du travail.

Cette annexe, qui comprend les gestes barrières, les nouvelles règles, les nouvelles organisations, a été portée à la connaissance des membres du CSE qui ont pu l’amender. Tout cela implique de nouvelles habitudes, règles de gestion des outils, du chariot (une seule personne est autorisée à le conduire), d’éloignement… Avec les membres du CSE, nous avons ensuite diffusé tous ces éléments auprès de nos collaborateurs par courrier, réunion d’information et affichages multiples.

Aujourd’hui, l’entreprise tourne, et à chaque nouvelle fabrication de machine, nous devons réinterroger nos pratiques – ça n’est pas du temps perdu – pour que l’on puisse respecter les gestes barrières. Quinze jours après le début du confinement, de nouvelles personnes sont revenues travailler, j’ai même des machines à livrer. Mais comment faire pour aller les installer dans des régions éloignées, quand il n’y a ni hôtels ni restaurants ? Pour ma part, j’estime que le retour à la normale n’interviendra pas avant la fin de l’année 2020. » 

Propos recueillis par D. V.

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