ACTUALITÉS

Avec l'apparition des premiers cas de Covid-19 en France, en janvier dernier, et la mise en place, à partir du 17 mars, du confinement de la population décidé par les autorités, la vie des entreprises a été largement bousculée.
Comment poursuivre l'activité en garantissant la protection de la santé des salariés et éviter la propagation de la maladie ? Télétravail, chômage partiel, réorganisation des flux, port d'EPI, changements de rythme, nettoyage ou désinfection répétés des locaux et ateliers… des entreprises ont dû redoubler d'imagination pour s'adapter à la situation.

Certaines caisses de l'hypermarché Leclerc de Blagnac sont munies d'une protection en plexiglas qui sépare le client des caissières ou caissiers. Les salariés sont munis de gants et de masques de protection. (17 mars 2020)

Certaines caisses de l'hypermarché Leclerc de Blagnac sont munies d'une protection en plexiglas qui sépare le client des caissières ou caissiers. Les salariés sont munis de gants et de masques de protection. (17 mars 2020)

► GRANDE DISTRIBUTION

Thibault Manzoni, directeur d’un supermarché Intermarché à Dole, dans le Doubs. L’intermarché, situé en centre-ville de Dole, emploie 45 salariés.

« Début mars, nous avons commencé à mettre en place un nettoyage renforcé de tous les espaces communs, ainsi que des bureaux, poignées, téléphones, salle de pause…, tout en affichant partout les gestes barrières. Le week-end précédant le confinement, toutes les bornes de jeux ont été mises hors service. De plus, nous avons effectué un marquage au sol pour que les clients se tiennent à plus d’un mètre les uns des autres et des salariés. Du gel hydroalcoolique, des gants, des masques (dont nous avions des stocks depuis le H1N1, ce qui nous a permis de tenir jusqu’à la livraison suivante) ont été fournis aux salariés. Le 16 mars, les personnes à risque ont été mises en arrêt de travail.

Le 17 mars, nous avons installé des panneaux en plexiglas pour protéger les caissières. Nous avons également limité l’accès au magasin à une personne par chariot. Nous avons aussi arrêté la distribution de coupons de jeu en caisse et ne donnons plus les tickets de caisse que sur demande. Une semaine plus tard, nous avons ajouté des panneaux pour enfermer totalement les postes de caisse. Nous limitons au maximum l’ouverture des caisses doubles.

Le 16 mars, les personnes à risque ont été mises en arrêt de travail.

Les horaires ont été modifiés : nous ouvrons une heure plus tôt (à 7 h 30), car cette première heure est réservée aux clients de plus de 70 ans. Du coup, le soir, nous fermons une demi-heure plus tôt pour ménager les salariés et restons fermés le dimanche. Nous avons réaménagé les horaires des salariés ayant des enfants en bas âge ou scolarisés : des solutions ont été trouvées assez facilement.

Désinfection des caisses

Aux rayons à la coupe et traditionnels, les salariés portent gants, masque et visière. Nous observons une baisse de 30 % d’activité aux fromages et à la charcuterie, tandis que la boucherie et la marée se maintiennent bien. Quant aux fruits et légumes, en libre-service, j’avoue ne pas avoir trouvé de solutions à la fois pour répondre à la forte demande et pour réduire les risques de contamination.

Nous n’avons pas assez de gel hydroalcoolique pour en proposer à nos clients à l’entrée du supermarché, nous le réservons à nos salariés. Nous en proposons cependant à la sortie des caisses libre-service. En revanche, les caddies sont désormais stockés à l’entrée du magasin. Une fois que le client a chargé sa voiture, il range son caddie sous l’abri, à l’extérieur. Nos salariés se chargent de le désinfecter et de le ramener à l’entrée du magasin.

Si une personne de l’équipe ne se sent pas bien, elle rentre chez elle et va voir son médecin. S’il s’avère que c’est une suspicion de Covid-19, la personne est arrêtée et je réunis tous les salariés pour les informer. Mi-avril, cela avait concerné trois personnes à forte suspicion, et 3 autres avec faible suspicion.  » 

Propos recueillis par D. V.

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