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Avec l'apparition des premiers cas de Covid-19 en France, en janvier dernier, et la mise en place, à partir du 17 mars, du confinement de la population décidé par les autorités, la vie des entreprises a été largement bousculée.
Comment poursuivre l'activité en garantissant la protection de la santé des salariés et éviter la propagation de la maladie ? Télétravail, chômage partiel, réorganisation des flux, port d'EPI, changements de rythme, nettoyage ou désinfection répétés des locaux et ateliers… des entreprises ont dû redoubler d'imagination pour s'adapter à la situation.

Une salariée SNCF propreté nettoie la gare de Lyon, à Paris, deserte. Elle porte un masque de protection et des gants. (31 mars 2020)

Une salariée SNCF propreté nettoie la gare de Lyon, à Paris, deserte. Elle porte un masque de protection et des gants. (31 mars 2020)

► PROPRETÉ

Yannick Foliard, dirigeant d’Abc net, PME rennaise spécialisée dans le nettoyage de bureaux, de copropriétés, de cabinets d’avocats ou encore de cabinets médicaux

« Face à la pandémie de Covid-19, nous avons dû adapter l’organisation pour poursuivre partiellement l’activité en assurant la sécurité des salariés. Depuis toujours, nous sommes engagés pour le travail en journée et en continu. La traditionnelle rencontre des équipes à 6 h dans les locaux de l’entreprise, pour préparer et charger les véhicules, était un moment fort de notre organisation. Règles de distanciation obligent, les passages ont été échelonnés entre 6 h 45 et 8 h 45 afin que personne ne se croise, chacun repartant seul – et non plus en binôme – rejoindre son chantier. Au plus fort de la crise, 50 % des chantiers et 95 % de l’activité dans les bureaux étaient à l’arrêt. Et seul un quart de l’effectif, soit une quinzaine de personnes, toujours en activité.

Nous avons bien sûr mis à jour le document unique, signé par tous les agents, leur rappelant les gestes barrières, le protocole de lavage des mains, certaines consignes de sécurité à respecter sur les sites, comme par exemple ne pas monter dans un ascenseur lorsqu’il est occupé par un usager. Chez nos clients, un affichage rappelle les actions menées et invite au respect des règles de distanciation en présence des agents. Avec les syndics de copropriété, des organisations spécifiques sont négociées sur des points sensibles, comme l’accès aux locaux des poubelles.

Des stocks de masques insuffisants

En ce qui concerne les quelques chantiers de bureaux poursuivis, les prestations demandées concernent essentiellement la désinfection des points de contact, au niveau des ascenseurs, des poignées de porte, ou encore des sanitaires, partout où l’on imagine que des personnes ont posé leurs mains. Matin et soir, j’assure moi-même la désinfection des points de contact de nos locaux, pour les personnes qui ne sont pas en télétravail. Quelques rares chantiers en binôme sont restés ouverts, avec de nouvelles règles. Il a notamment été demandé aux agents de ne pas intervenir au même endroit au même moment, mais par exemple, chacun à un étage.

Nous nous sommes soudés, malgré les appréhensions bien compréhensibles de certains.

Pour le lavage du linge (chiffons, microfibres, franges…), tout est fait à 95 degrés et non plus 60 degrés. Nous avons fourni gants, gels hydroalcooliques et solutions de savon liquide en nombre… Mais en ce qui concerne les masques, les stocks étaient insuffisants. La Fédération des entreprises de propreté (Fep) nous a orientés vers une entreprise nantaise, Royal Mer, à qui nous avons acheté des masques en coton. Nous en avons distribué 4 par personne, en donnant les instructions d’entretien, et en leur laissant le soin de les laver eux-mêmes, ce qui rassurait les salariés. 

La Fep nous a également mis en contact avec l’entreprise Soreal, basée en Ille-et-Vilaine. Spécialisée dans la fabrication de sauces pour la restauration rapide, elle a dû un temps interrompre son activité. Disposant d’un stock de flacons et d’une ligne de production, elle s’est associée à deux industriels bretons, Socomore et Hamiform, pour produire… du gel hydroalcoolique !

Une forme de solidarité est née. En interne, nous avons eu une grande qualité d’échanges avec les collaborateurs. Nous nous sommes soudés, malgré les appréhensions bien compréhensibles de certains. Les salariés ont fait preuve d’un dynamisme remarquable dans cette période économiquement dramatique et compliquée sur le plan humain. Au fil des réouvertures, avec le retour des salariés en chômage partiel, les nouvelles règles s’appliquent plus largement et évoluent lorsque la situation l’impose. » 

Propos recueillis par G. B.

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