ACTUALITÉS

Avec l'apparition des premiers cas de Covid-19 en France, en janvier dernier, et la mise en place, à partir du 17 mars, du confinement de la population décidé par les autorités, la vie des entreprises a été largement bousculée.
Comment poursuivre l'activité en garantissant la protection de la santé des salariés et éviter la propagation de la maladie ? Télétravail, chômage partiel, réorganisation des flux, port d'EPI, changements de rythme, nettoyage ou désinfection répétés des locaux et ateliers… des entreprises ont dû redoubler d'imagination pour s'adapter à la situation.

Entre Caen et Paris sur l'A13, un routier portant un masque de protection sur l'aire de repos du Bosgouet. (23 mars 2020)

Entre Caen et Paris sur l'A13, un routier portant un masque de protection sur l'aire de repos du Bosgouet. (23 mars 2020)

► TRANSPORT

Didier Rousseaux, directeur du site de Pontarlier des transports Jeantet. 49 salariés à Pontarlier (Doubs) 

« Nous avons deux priorités : assurer la santé de nos salariés et adapter nos moyens à la demande de nos clients. Dans un premier temps, nous avons réorganisé les bureaux pour respecter les règles de distanciation sociale. Nous avons également demandé aux salariés dont la santé pouvait nécessiter la mise en place de mesures plus rigoureuses de se manifester si elles le souhaitaient. En raison de la baisse d’activité, quatre personnes ont été mises au chômage partiel.

Nous travaillons en partie avec le secteur agroalimentaire, ce qui nous permet de maintenir une demande correcte à hauteur de 60 % de notre activité habituelle. Nous transportons des lots complets et des lots partiels, nous ne livrons pas de petits colis, encore moins aux particuliers. Nos clients sont des entreprises de taille conséquente et ils ont pris des mesures rigoureuses pour l’accueil de nos conducteurs : soit ils restent dans leur cabine pendant les opérations de chargement-déchargement, soit ils patientent dans des zones dédiées. Nous déplorons le manque d’EPI, de masques en particulier, mais nous mettons à la disposition de nos salariés du gel et des lingettes désinfectantes. Nous communiquons également régulièrement sur les gestes barrières par le biais de notre logiciel informatique embarqué ou lors de la réception des conducteurs sur notre site.

Nous échangeons avec nos confrères transporteurs sur les possibilités d’accueil. 

Nous livrons sur l’ensemble du territoire, mais plus particulièrement la région parisienne et la Suisse. Aussi, nous avons mis en place depuis longtemps un système de relais avec des conducteurs basés à Troyes qui est à mi-chemin entre notre site de Pontarlier, dans le Doubs, et Paris. Un premier conducteur prend possession de l’ensemble routier pour effectuer les livraisons et les enlèvements sur le secteur parisien puis, à son retour en région troyenne en fin de journée, un second conducteur achemine ce même ensemble sur notre site où il récupère une nouvelle remorque à destination de la région parisienne. Ce système permet de réaliser une rotation quotidienne entre le Doubs et la capitale avec des conducteurs qui ne découchent jamais. Et qui fonctionnent toujours avec le même binôme et le même véhicule.

Concernant les autres conducteurs, outre le gel et les lingettes à leur disposition, ils disposent d’un frigo dans leur cabine, mais nous déplorons les conditions actuelles dégradées en matière de restauration et d’hygiène. Aussi, nous échangeons avec nos syndicats et nos collègues transporteurs sur les possibilités d’accueil et nous développons une solidarité professionnelle en proposant nos installations sanitaires aux conducteurs extérieurs à notre structure.

Enfin, nous travaillons avec la Suisse et, même si le confinement n’y est pas obligatoire, les entreprises d’accueil appliquent les mêmes gestes barrières. » 

Propos recueillis par D. V.

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