ACTUALITÉS

Le confinement a accéléré l’essor du télétravail. Une enquête a été menée auprès de 458 DRH sur leur perception de ce mode de travail et ses conséquences pour les salariés et l’entreprise. Si les DRH sont majoritairement favorables au télétravail, ils sont également conscients des risques qui y sont associés.

© Philippe Castano pour l’INRS/2020<br/> <br/>

© Philippe Castano pour l’INRS/2020

Le confinement a bouleversé nos façons de travailler. Le télétravail, en particulier, s’est fortement accru pendant cette période. Il a concerné davantage de salariés et s’est intensifié dans les entreprises qui le pratiquaient déjà. Dans un grand nombre de cas, il s’est même généralisé et est devenu une réalité quotidienne durant plusieurs mois. Une enquête sur la perception de cette nouvelle organisation a été menée par l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), en partenariat avec le Boston Consulting Group (BCG), entre le 2 et le 17 juin 2020.

Sur les 458 DRH d’entreprises françaises qui ont participé à cette enquête, la majorité se montre favorable au télétravail. 85 % des répondants considèrent souhaitable de développer de manière pérenne cette forme d’activité dans leur organisation. Et 82 % des DRH interrogés estiment que davantage de postes y sont désormais « éligibles ». Ce n’est toutefois pas un futur « 100 % télétravail » que dépeignent les DRH, mais plutôt un modèle hybride, alternant périodes de télétravail et périodes sur le site de l’entreprise. Une nette majorité d’entre eux envisage environ un jour hebdomadaire de télétravail. Mais ce mode de travail ne touchera pas tous les salariés. Plus d’un tiers des DRH estiment qu’il concernera moins d’un quart du personnel de leur entreprise.

Des DRH conscients des risques liés au télétravail

Parmi les bénéfices attendus du développement du télétravail : une meilleure réponse aux attentes des collaborateurs et une attractivité accrue (bien-être, santé, équilibre, temps de trajet), un point qui fait quasiment l’unanimité parmi les DRH (93 %). Les deux tiers citent également des gains de productivité liés au développement de ce nouveau rythme.

En revanche, malgré leur enthousiasme concernant cette organisation du travail, les DRH interrogés sont conscients des écueils qui y sont associés. Ils sont 88 % à citer le risque d’une baisse d’interactions sociales et du sentiment d’appartenance à l’entreprise. Ils sont tout aussi nombreux à souligner celui d’une moindre cohésion entre les populations en télétravail et les autres. Deux tiers des répondants craignent une augmentation des risques psycho-sociaux (stress, charge de travail). Enfin, plus de la moitié s’inquiète d’une moindre créativité et d’une moindre capacité à résoudre des problèmes complexes. Ils sont en revanche moins d’un quart à penser que la productivité baissera ou que le turnover des équipes augmentera.

La quasi-unanimité des répondants (93 %) estime que le déploiement pérenne du télétravail bouleversera profondément les pratiques managériales de leur entreprise. Revoir ces pratiques sera nécessaire afin d’en tirer des bénéfices. Le rôle du manager dans le modèle d’entreprise post-crise s’en trouverait affecté. Mais également l’organisation même du travail et la place du collaborateur. En effet, à la question « Selon vous, quelles sont les caractéristiques des nouveaux modes de travail dans l’entreprise post-crise et qui seront essentielles pour le déploiement du télétravail », 87 % des DRH ont répondu « Plus d’autonomie du collaborateur individuel ». Viennent ensuite davantage de collaboration entre les équipes et de transparence dans l’évolution des tâches pour 59 % des répondants. Les trois points prioritaires cités dans le cadre d’un développement pérenne sont d’ailleurs : l’accompagnement des collaborateurs et managers, la mise à disposition des outils nécessaires et l’évolution de l’organisation et des méthodes de travail. 

Katia Delaval

Haut de page