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Comment un intervenant peut-il évaluer les démarches en prévention des TMS et des RPS qu’il a conduites ? Comment utiliser cette évaluation afin d’améliorer ses pratiques ? Un guide méthodologique, coédité par l’INRS et l’Anact, vient de paraître afin de mener à bien ce type d’opération pour des interventions menées en entreprise, dans une association ou une administration.

© Vincent Nguyen pour l’INRS

Coédité par l’INRS et l’Anact, la brochure Évaluer les interventions de prévention des RPS-TMS – guide à l’usage des intervenants vient d’être mise en ligne sur le site de l’INRS (www.inrs.fr). Destiné à toute personne qui mène des interventions de prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) et/ou des risques psychosociaux (RPS) au sein d’une entreprise, d’une administration ou d’une association, ce guide méthodologique a pour objectif d’aider celui-ci à évaluer ses interventions dans la perspective d’améliorer sa pratique future.

Une démarche d’évaluation est un projet en soi et prend du temps. Elle doit être décidée dès le début de l’intervention. « L’intervenant ne peut pas évaluer toutes ses interventions : il vaut mieux se concentrer sur quelques-unes, avertit Dominique Chouanière, responsable de mission à l’INRS et coauteur du guide avec Charles Parmentier, de l’Anact. Par exemple, des démarches dans des situations nouvelles pour l’intervenant ou dans un contexte conflictuel. »

L’évaluation permet à l’intervenant et à la structure de repérer les avancées et les points restant à traiter dans une démarche. Elle donne également la possibilité à l’intervenant de repérer dans ses pratiques celles à améliorer, celles à maintenir ou celles à éviter. « La décision d’évaluer ses actions revient uniquement à l’intervenant, souligne Dominique Chouanière. En revanche, la démarche d’évaluation doit être portée collectivement par un comité d’évaluation incluant, aux côtés de l’intervenant, des acteurs de l’entreprise. Plus les regards portés sur la démarche seront variés, plus l’évaluation sera riche. » La méthode peut être utilisée quelle que soit la démarche, au-delà des thématiques des RPS et des TMS.

Une méthode expérimentée

En amont de la rédaction de ce guide, il a été nécessaire de développer une méthode d’évaluation des actions menées en entreprises. « Le projet a débuté en 2011, les interventions en prévention des RPS et des TMS étaient de plus en plus nombreuses, se souvient la responsable de mission. Et les démarches étaient très variées à la fois dans leur méthode et leur contexte d’intervention. Elles faisaient appel à des disciplines très diverses : ergonomie, psychologie, sociologie, épidémiologie… Il n’existait pas de méthode adaptée à l’évaluation des interventions complexes de prévention des TMS ou des RPS. »

Une telle méthode synthétisant celles précédemment utilisées a ainsi été élaborée, grâce aux équipes de recherche de l’INRS et aux relais de terrain de l’Anact. Elle a été baptisée Évalia. Son expérimentation en 2015 sur trente-deux interventions a pu être menée grâce à 50 intervenants, consultants et préventeurs institutionnels. « Ces évaluations balayaient tous les secteurs d’activité et des tailles d’établissements variées, y compris quelques TPE, poursuit-elle. Les démarches menées concernaient majoritairement la prise en charge de RPS et de TMS, mais aussi d’autres thématiques telles que la qualité de vie au travail, l’usure professionnelle, l’accompagnement au changement. La démarche Évalia propose d’évaluer un large éventail des effets qu’une intervention de prévention peut produire et elle s’adapte à la diversité des démarches et des structures. »

Katia Delaval

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