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Elle ne peut pas prétendre être rigoureusement représentative des actifs français, pourtant l’enquête « Parlons travail » de la CFDT apporte son lot d’enseignements. Une large majorité des Français aimeraient leur travail même s’ils reconnaissent un certain nombre d’écueils dans l’exercice de leur activité.

© Rodolphe Escher pour l’INRS

Entre septembre et décembre 2016, plus de 200 000 personnes ont répondu à l’enquête intitulée « Parlons travail », mise en ligne par la CFDT. Constitué de 172 questions, le questionnaire abordait le travail au sens large. L’échantillon des personnes qui avaient répondu n’étant pas totalement représentatif, une partie des résultats a donné lieu à des calculs de pondération.

Sept grands enseignements ont pu être tirés de cette enquête analysée par des chercheurs, parmi lesquels se trouvaient des ergonomes et des sociologues :
 

  • 77 % des répondants aiment leur travail, même si 81 % d’entre eux déclarent travailler avant tout pour subvenir à leurs besoins, l’argent ne constitue pas l’unique motivation.
     
  • 69 % des répondants ne sont pas d’accord avec l’affirmation suivante : « Au boulot, soit tu marches sur les autres, soit tu te fais marcher dessus. » L’enquête révèle que les relations humaines comptent beaucoup pour les travailleurs, 79 % affirment qu’il suffit d’un collègue sympa pour rendre le travail agréable, tandis qu’un collègue pénible peut rendre le travail invivable pour 86 % des répondants.
     
  • 35 % des répondants considèrent que leur travail nuit à leur santé, voire les « délabre », tandis que 28 % seulement pensent que leur travail est favorable à leur santé. Ce sont les ouvriers, les employés, ou encore les personnes gagnant moins de 1 500 euros par mois qui sont les plus nombreux à faire un lien direct entre leur travail et l’altération de leur santé.
     
  • 51 % des personnes interrogées affirment que leur charge de travail est excessive, 32 % disent qu’il leur arrive de travailler en dehors des heures de travail ou pendant les jours de repos. Les chercheurs ont mis en évidence le fait que l’intensification et la charge de travail pouvaient être l’une des causes des problèmes de santé engendrés par le travail.
     
  • Le manque d’autonomie est dénoncé par 74 % des répondants. Les chercheurs ont élaboré un indicateur pour évaluer le degré d’autonomie au travail (planning, impression de ne pas être une machine, possibilité de mettre ses propres idées en pratique) et seuls 27 % des répondants remplissent ces trois critères.
     
  • 51 % des répondants estiment ne pas pouvoir compter sur l’aide de leur supérieur. D’ailleurs, quand ils ne sont pas d’accord avec ce que leur imposent leur chef, 72 % le leur disent, 88 % choisissent d’en faire le moins possible, 16 % freinent et 6 % trichent.
     
  • Enfin, 73 % des personnes ayant répondu veulent participer davantage aux décisions importantes qui affectent leur entreprise ou administration.

Pour lire l’intégralité des résultats de l’enquête : www.parlonstravail.fr 

Delphine Vaudoux

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