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La Carsat Centre-Ouest, avec plusieurs partenaires, s’est engagée dans un plan d’actions destiné à améliorer les conditions de travail des aides à domicile de la Creuse. Une expérimentation sur quatre ans a commencé, avec, à la clé, la mutualisation de deux postes : une ergothérapeute et une personne en charge de la prévention des risques au domicile.

© Grégoire Maisonneuve pour l’INRS

Pourquoi la Carsat s’est-elle mobilisée sur le secteur de l’aide à domicile ?
Lydia Couedel, ingénieur-conseil à la Carsat Centre-Ouest. La Carsat Centre-Ouest était investie depuis 2009 sur ce secteur, nous nous sommes donc inscrits dans une convention nationale sur l’aide à la personne signée entre la CnamTS, la Cnav et l’Anact. Notre Carsat s’est portée volontaire à travers deux régions : le Poitou-Charentes et le Limousin. Nous avons rencontré les deux Aract pour participer à cette démarche.

Comment avez-vous travaillé sur ce sujet ?
L. C.
Nous avons ciblé la Creuse et la Charente pour lesquels une convention existait déjà entre la Carsat et le Conseil départemental. Les chiffres de sinistralité de ce secteur y étaient élevés et identiques aux autres départements, ce qui constituait une bonne base de départ. Ensuite, nous avons avancé plus rapidement en Creuse car c’est le seul conseil départemental (CD 23) qui a dans ses effectifs un chargé de mission prévention, ce qui nous a beaucoup aidés. Par ailleurs, il y a sept structures d’aide à domicile sectorisées dans ce département qui maintient un dispositif de non-concurrence entre elles, ce qui nous a aussi facilité la tâche.

Vous vous lancez alors dans un projet sur quatre ans. Quelles en sont les phases ?
L. C.
En 2014, nous présentons avec l’Aract un projet expérimental à l’ensemble des partenaires : les sept structures d’aide à domicile et le CD 23. Il s’agissait d’établir un état des lieux, de présenter un plan d’actions puis de proposer un accompagnement de ce plan. Quatre structures se portent volontaires pour y participer.
L’état des lieux, réalisé en 2015, met en évidence des problèmes organisationnels et de santé. Cela a permis à certains de prendre conscience des problèmes rencontrés par les structures et leurs salariés… Peu s’attendaient à ce que des salariés déclarent jusqu’à 17 pathologies. À partir du moment où ce diagnostic est posé, nul ne peut ignorer les problèmes.

Que proposez-vous alors ?
L. C.
Nous procédons à plusieurs réunions de restitutions. Ensuite, nous convoquons les structures et le CD 23 pour construire le plan d’actions et parler financement. Mais le CD 23 ne vient pas à cette réunion. Nous poursuivons néanmoins les discussions avec les quatre structures et arrivons à la conclusion qu’ils ont besoin de monter en compétences en prévention des risques au domicile, d’être accompagnés, et d’améliorer la communication avec les bénéficiaires et leurs familles. C’est là qu’a commencé à émerger l’idée de mutualiser des compétences…

C’est compliqué quand le financement ne suit pas…
L. C.
Nous étions un peu à l’arrêt, jusqu’à ce que l’Aract nous dise que la Direccte était en train de travailler sur la création d’un groupement d’employeurs d’aide à la personne en Creuse. Nous les recontrons fin 2015 et la Direccte prend momentanément le pilotage de l’action, contacte l’ensemble des partenaires, notamment politiques, pour proposer la mutualisation des ressources. Au final, nous aboutissons à la création d’un pôle de compétences mutualisées, comprenant deux postes, l’un d’ergothérapeute, l’autre de préventeur.

Comment fonctionne-t-il ?
L. C. La Carsat (dans le cadre de contrats de prévention) et le CD 23 se sont engagés à financer ce pôle pour trois ans, à hauteur respectivement de 70 % et 30 %. Les sept structures de travail d’aide à domicile de la Creuse adhèrent alors à ce groupement. Les deux personnes recrutées interviennent à la fois sur des temps individuels (à raison d’au moins un jour et demi par mois et par structure en accompagnant des intervenants au domicile du bénéficiaire) et sur des temps collectifs en abordant les sujets comme le port de charge, le transfert des bénéficiaires, les limites de l’intervention…

Quels sont les résultats un an après que ce pôle a été créé ?
L. C.
On observe une prise de conscience de la plupart des structures, même si certaines sont encore trop passives. Fin 2019, nous ferons un bilan et espérons que les gains en matière de sinistralité et d’absentéisme permettront aux structures de pérenniser les postes mutualisés ou une partie d’entre eux.

LE CHIFFRE

7 contrats de prévention ont été signés avec la Carsat Centre-Ouest, soit un par structure.

Propos recueillis par D. V.

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