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L’Organisation internationale du travail (OIT) a lancé les célébrations de son centième anniversaire en publiant un rapport de la Commission mondiale sur l’avenir du travail. Celui-ci est accompagné de recommandations pour permettre aux mutations en cours d’être profitables à tous.

© OIT

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Pour ses 100 ans, l’Organisation internationale du travail (OIT) tourne son regard vers l’avenir. Le 22 janvier dernier, elle entamait les célébrations de cet anniversaire en publiant le rapport de la Commission mondiale sur l’avenir du travail. À cette occasion, Cyril Cosme, directeur du bureau de l’OIT pour la France, a rappelé « la rapidité avec laquelle les transformations s’opèrent, en particulier dans le domaine du numérique ».

Si les avancées technologiques laissent entrevoir de nouvelles opportunités pour le monde du travail, les incertitudes sont nombreuses quant à l’impact des bouleversements qu’elles génèrent. « L’avenir du travail n’est pas écrit, a-t-il tenu à souligner, mais l’intuition initiale des créateurs de l’OIT, selon laquelle il n’est pas de paix durable sans justice sociale, est plus que jamais d’actualité. »

Le rapport présenté, « Travailler pour bâtir un avenir meilleur », rappelle que 2,78 millions de personnes meurent chaque année d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. Il fait état des nombreuses inégalités qui existent à l’échelle de la planète. « Entre 1980 et 2016, les 1 % les plus riches ont absorbé 27 % de la croissance du revenu mondial. Alors que les 50 % des plus pauvres n’ont bénéficié que de 12 % », peut-on notamment y lire. Les femmes sont payées environ 20 % de moins que les hommes et 300 millions de travailleurs vivent aujourd’hui dans l’extrême pauvreté.

Dix recommandations pour relever les défis du travail

Conçu comme un appel à l’action, le rapport établit surtout dix recommandations centrées sur l’humain. Il décrit les défis liés aux nouvelles technologies, au changement climatique et à la démographie – en particulier le vieillissement au travail – et plaide pour une réponse collective à l’échelle mondiale.

Parmi ces recommandations figurent le droit à l’apprentissage tout au long de la vie afin que chaque individu puisse se former, se recycler et se perfectionner ; le renforcement des investissements dans l’économie du soin, l’économie verte et l’économie rurale ; une gestion des changements technologiques qui favorise le travail décent, y compris un système de gouvernance internationale pour les plates-formes de travail numérique ;  la mise en œuvre d’un programme de transformation assorti d’objectifs mesurables en matière d’égalité des sexes ; ou encore la garantie d’une protection sociale universelle de la naissance à la vieillesse.

« Ces propositions seront soumises aux délégués des gouvernements, des syndicats et du patronat du monde entier et alimenteront les discussions et les travaux de la Conférence internationale du travail qui se tiendra en juin prochain à Genève », a précisé Cyril Cosme.

Le centenaire de l’OIT en France sera par ailleurs marqué par une série d’événements prévus pour toute l’année sur le territoire. Parmi ceux-ci, du 16 mars au 14 juillet, une exposition « Êtres au travail » s’installera sur les grilles du jardin du Luxembourg, à Paris. « Il s’agit de 80 photographies d’anonymes au travail, commentées par des scientifiques et experts, qui sont autant de témoignages et de croisements de regards sur la réalité et le sens du travail », décrit Sophie Prunier-Poulmaire, présidente de l’association Lumières sur le travail, à l’origine du projet, et vice-présidente de l’Université Paris-Nanterre.

Plusieurs conférences et colloques internationaux sont également prévus dans l’année, dont un colloque international « Justice sociale et travail décent, l’Organisation internationale du travail en action depuis 100 ans », qui aura lieu du 26 au 28 juin au Conseil économique, social et environnemental et au ministère du Travail. 

G.B.

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