ACTUALITÉS

La formation sauveteur secouriste du travail permet aux salariés à la fois d’intervenir en cas d’accident et d’être capables d’identifier les risques professionnels dans leur entreprise. Une étude menée à la demande de l’INRS montre que 50 % des entreprises interrogées souhaiteraient renforcer le volet « prévention des risques professionnels » de cette formation.

© Guillaume J.PLISSON pour l’INRS

© Guillaume J.PLISSON pour l’INRS

CHAQUE ANNÉE, plus d’un million de salariés suivent une formation pour devenir sauveteurs secouristes du travail (SST) ou pour maintenir et actualiser leurs connaissances en la matière. La formation SST com­porte deux volets : l’intervention et l’aide aux victimes en cas d’accident, d’une part, et la participation à la prévention des risques professionnels, d’autre part. Dispensé par des formateurs certifiés par l’INRS et l’Assurance maladie-risques professionnels, ce dispo­sitif existe depuis 1957 et, depuis dix ans, dans sa forme actuelle. Afin d’évaluer ses apports et son adéquation avec les besoins des entreprises, une étude comman­ditée par l’INRS a été menée par le cabinet Cemka auprès de 1 800 salariés formés et 250 chefs d’entre­prise, tous secteurs confondus.

Pour 90 % des salariés interrogés, la principale moti­vation à suivre la formation SST est d’être capable de secourir une victime d’accident ou de malaise, en entreprise ou à l’extérieur. Près de la moitié des sala­riés formés déclarent avoir pu apporter leur aide dans leur entreprise lors d’une situation nécessitant de porter secours. Dans ce cas, la formation a été jugée utile par 98 % d’entre eux.

Par ailleurs, l’étude montre que 43 % des salariés interrogés ont déjà fait des propositions d’actions de prévention concernant des situations de travail au sein de leur structure. Ils sont 40 % à déclarer avoir été sollicités par leur entreprise pour identifier des situations dangereuses. Ce dernier taux présente des différences significatives en fonction du secteur d’activité où exerce le salarié : il atteint 47 % dans l’industrie, il est de 41 % dans le BTP et de 34 % dans le commerce. « Cette formation sur deux jours permet aux stagiaires de devenir des secouristes dans l’en­treprise mais aussi des acteurs en prévention des risques professionnels, souligne Philippe Claudel, responsable du dispositif SST à l’INRS. C’est l’une des premières portes d’entrée pour sensibiliser les sala­riés aux risques potentiels ou déjà présents sur leur lieu de travail. »

Une meilleure conscience des risques professionnels

Côté chefs d’entreprise, le motif invoqué par 78 % des répondants pour justifier le recours à la formation SST est de disposer de secouristes dans l’établisse­ment et, pour 67 %, de disposer de salariés sensibili­sés aux risques professionnels. 72 % des dirigeants interrogés considèrent que la formation entre dans le cadre d’une politique de prévention efficace. En outre, 50 % des chefs d’entreprises déclarent que la partie consacrée à la prévention des risques profes­sionnels devrait être renforcée.

« Globalement, l’étude montre qu’à l’issue de cette formation, salariés et entreprises sont plus conscients des risques professionnels, commente Gérard Moutche, responsable du département formation à l’INRS. Cette tendance est encore plus forte dans les plus petites entreprises où les accidents sont statistiquement moins fréquents et où la prévention des risques professionnels est plus utilisée que le secourisme. » 

REPÈRES

La formation SST :

  • UNE FORMATION initiale de 14 heures ;
  •  UN MAINTIEN et une actualisation des compétences, ou recyclage, à réaliser tous les deux ans.

EN SAVOIR PLUS

RÉFÉRENCE EN SANTÉ AU TRAVAIL n° 160, décembre 2019
À consulter sur www.rst-sante-travail.fr

Propos recueillis par K.D

Haut de page