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© Gael Kerbaol /INRS

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Le Centre d’études de l’emploi et du travail a publié en février 2018 un article sur la reconnaissance des cancers liés au travail, issu d’une thèse sur le sujet. En France, le cancer est la première cause de mortalité, avec plus de 150 000 décès annuels. Entre 4 % à 8 % des cancers seraient liés au travail, c’est-à-dire qu’ils seraient « la conséquence directe de l’exposition à un risque physique, chimique ou biologique et résulteraient des conditions dans lesquelles l’activité est exercée ». La période entre l’exposition et le diagnostic peut aller de cinq à quarante ans, rendant la reconnaissance complexe. « Un cancer “professionnel” n’a, le plus souvent, aucune spécificité sur le plan clinique ou biologique, ni au niveau de l’imagerie médicale ni à celui des examens anatomo-pathologiques. Le cancer, ou toute autre affection, devient “professionnel” par une décision médico-administrative de la branche AT-MP d’une Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) qui examine s’il est la conséquence de l’exposition d’un travailleur à un ou plusieurs facteurs cancérogènes sur son lieu de travail  », décrit notamment la chercheuse Sylvie Platel, qui a réalisé la thèse. Elle relève également le cadre « étroit » des 22 tableaux de maladies professionnelles qui ne comprennent pasa de nombreuses situations d’exposition à des substances considérées comme cancérogènes avérées par le Circ (Centre international de recherche sur le cancer).

Dans le cadre de son travail de recherche, Sylvie Platel s’est penchée sur le cas de patients exposés à plusieurs risques cancérogènes, parfois très éloignés des tableaux de maladies professionnelles, et donc devant recourir au Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMPP). Un dispositif complémentaire qui, selon la chercheuse, « peine à prendre en charge les travailleurs, produisant une forme d’inégalité d’accès aux droits à la réparation pour ces victimes du travail ».

Delphine Vaudoux

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