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Les premiers résultats de la campagne Carto Amiante, qui vise à établir une cartographie de l’empoussièrement amiante des processus de travail les plus courants du BTP en sous-section 4, sont encourageants pour la profession. Ils doivent néanmoins être confortés, compte tenu de l’insuffisance du nombre de données, de la diversité encore faible des situations de travail observées et des conditions de sélection des chantiers.

© Guillaume Plisson pour l’INRS

En juin 2014, la campagne Carto Amiante a été lancée avec la signature d’une convention de partenariat entre l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP), la Direction générale du travail (DGT) et l’INRS. Objectif : aider les entreprises dans leur évaluation a priori du risque amiante. Quatre organisations professionnelles du BTP (FFB, Capeb, FNTP, FSCOP BTP) s’étaient à l’époque engagées à fournir les chantiers sur lesquels des mesures d’empoussièrement devaient être réalisées. Ces évaluations devaient concerner exclusivement les métiers du BTP et uniquement les situations de sous-section 4.

Les premiers résultats publiés aujourd’hui permettent de dresser un premier bilan plutôt encourageant. Ils s’appuient sur les mesures d’empoussièrement réalisées sur 283 chantiers et l’analyse de six situations de travail : perçage de revêtement de sol, perçage de peinture ou d’enduits intérieurs, découpe d’une canalisation extérieure en amiante ciment, démontage d’une canalisation extérieure en amiante ciment, démontage d’une toiture et démoussage d’une toiture. Ce sont les seuls cas, sur les 42 situations de travail qui définissaient le périmètre de Carto Amiante, pour lesquels il a été possible de recueillir plus de dix mesures exploitables.

Première constatation, les niveaux d’empoussièrement en fibres d’amiante enregistrés sont faibles. 97 % des résultats sont de niveau 1, soit des valeurs d’empoussièrement de moins de 10 fibres par litre d’air (f/l), dont 75 % sont inférieurs à 5 f/l, ce qui traduit la mise en œuvre de processus de travail maîtrisés. Les moyens de protection collective qui ont été proposés dans le cadre des chantiers ont donc montré leur efficacité.

Quelques précisions doivent toutefois être apportées. « Les chantiers étaient supervisés et ont fait l’objet d’une sélection, rappelle ainsi Anita Romero-Hariot, expert d’assistance-conseil à l’INRS. Le personnel devait notamment être formé en sous-section 4, l’entreprise devait avoir rédigé son mode opératoire, et la preuve de la présence d’amiante devait être apportée dans les matériaux sur lesquels les interventions avaient lieu. Le panel d’entreprises sélectionnées avait donc une connaissance du risque amiante plutôt bonne par rapport à la moyenne. »

Pérenniser et aller plus loin

Elle souligne notamment qu’en 2013, une étude sur l’exposition à l’amiante de plombiers-chauffagistes menée par l’INRS, en collaboration avec la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) et l’Institut de recherche et d’innovation sur la santé et la sécurité au Travail (IRIS‑ST), avait révélé que 40 % des individus exposés pensaient ne jamais avoir été en contact avec des fibres d’amiante et que les deux tiers d’entre eux n’avaient pas pris de mesures de protection.

« Il est donc nécessaire de rester vigilant », reprend l’expert, rappelant notamment qu’il y a peu de données d’évaluation dans Scol@miante 1 en sous-section 4, « ce qui est révélateur d’un faible nombre de mesures d’empoussièrement effectivement réalisées sur le terrain », conclut Anita Romero-Hariot. Après cette première salve de résultats, la DGT, la branche AT-MP de la Sécurité sociale et l’OPPBTP ont décidé de pérenniser le projet Carto Amiante. L’objectif est désormais de l’élargir à de nouvelles situations de travail afin d’enrichir la base de données.

LE CHIFFRE

97 %

des résultats sont de niveau 1, soit des valeurs d’empoussièrement de moins de 10 fibres par litre d’air (f/l), dont 75 % inférieurs à 5 f/l, ce qui traduit la mise en œuvre de processus de travail maîtrisés.

Grégory Brasseur

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