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Il y a trois ans, les deux contrôleurs de sécurité de la Carsat Sud-Est en Corse ont ressenti la nécessité de créer un club de préventeurs. Depuis, l’idée a fait son chemin…

« On était un peu isolés. On a décidé de se rencontrer, pour mettre en commun nos connaissances et partager les questions que l’on était amené à se poser… » C’est ainsi que Pierre Lecullier, contrôleur de sécurité à la Carsat Sud-Est à Bastia, explique la genèse du « Club des préventeurs corses ». Les discussions commencent entre Pierre Lecullier à Bastia, Éric Crouin, contrôleur de sécurité à la Carsat Sud-Est à Ajaccio, et Lionel Cottenceau-Bartoli, préventeur à l’IgeSa (Institution de gestion sociale des armées).

Nous sommes en 2014 et l’idée de constituer un groupe de réflexion et d’échanges autour des questions de prévention des risques professionnels germe très rapidement. Les critères pour faire partie du club ? Avoir été formé au métier de préventeur et avoir un « vrai rôle de préventeur au sein de l’entreprise » et non être un simple nom dans un organigramme.

« C’est vrai, on a refusé des personnes qui souhaitaient nous rejoindre. Nous voulons des préventeurs d’entreprises qui montrent une vraie volonté de faire avancer la prévention… Et nous refusons les consultants, cela fausserait la donne », souligne Pierre Lecullier. La première année, le groupe est constitué de dix personnes. Il se réunit une fois par an, autour d’un ou de plusieurs thèmes.

« Si je devais résumer ce club, je dirais qu’il permet aux entreprises de questionner, aux institutionnels d’alerter, et à tous les participants d’apporter des appuis quand c’est nécessaire, et surtout d’échanger sur des problèmes qui se posent au quotidien dans certaines entreprises… », insiste Christine Simoni, directrice adjointe du SIST2B (Service de santé au travail de Haute-Corse).

Une possibilité de faire passer des messages

Au fil des ans, le club s’étoffe et se structure. Lors de sa réunion annuelle, en 2015, plusieurs experts de la Carsat interviennent sur le risque chimique, les RPS et le risque incendie. La Direccte fait également une intervention sur les instances représentatives du personnel. En 2016, le club dépasse les vingt entreprises représentées, soit 14 635 salariés. « Certains nous ont demandé s’ils pouvaient venir avec leur direction. Nous avons accepté car, pour nous, c’est un vrai plus, c’est une possibilité supplémentaire de faire passer des messages et d’appuyer les actions des préventeurs », remarque Pierre Lecullier.

Dès qu’ils le peuvent, les membres du club proposent des interventions croisées. Il en existe une par exemple sur les troubles musculosquelettiques et les postures contraignantes proposée par la Carsat, le service de santé au travail et Jacques Olmiccia, responsable d’une entreprise d’acconage à Bastia et ostéopathe. Une autre sur les chutes de hauteur, coanimée par la Carsat, la Direccte et le service de santé au travail.

« On se sent parfois un peu seuls sur des sujets liés à la prévention, et depuis que ce club a été créé, on sait que l’on peut solliciter les autres membres : on s’appelle, on s’envoie des mails… on partage des savoirs, des réflexions », explique Jean-Louis Sanguinetti, chargé de mission HSE à la CCI de Haute-Corse. « Nous avons une règle à respecter : tout ce qui est dit lors de ces réunions ou entre nous doit rester au sein du club des préventeurs », insiste Pierre Lecullier. Car chacun le reconnaît : les échanges sont riches et sans tabou. « Ça nous permet de savoir si on est sur la bonne voie, de nous aider à faire des choix, sans être jugés », conclut Jean-Louis Sanguinetti.

LE CHIFFRE

14 635

salariés sont représentés à travers ce club.

LES PARTICIPANTS

Côté institutions, la Direccte, la Carsat, le Service de santé au travail sont représentés au sein du « Club des préventeurs corses ». Pour ce qui est des préventeurs d’entreprises, des secteurs aussi variés que la grande distribution, le tourisme, le BTP, le secteur médical, l’agroalimentaire, l’aide à domicile, les pompiers ou l’armée, pour n’en citer que quelques-uns, sont présents.

Delphine Vaudoux

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