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© Thiery Caro pour l’INRS

© Thiery Caro pour l’INRS

SANTE PUBLIQUE France a publié une étude menée sur l’île de La Réunion pour évaluer, a posteriori, l’exposition aux pesticides des travailleurs agricoles, et notamment des personnes ayant travaillé la canne à sucre, la culture la plus répandue sur l’île. Pour ce faire, l’institut a utilisé trois bases de données pour répondre aux questions suivantes : quels sont les produits phyto­pharmaceutiques (PPP) qui ont été appliqués sur la canne à sucre au cours des dernières décennies à l’île de La Réunion, quels sont leurs effets sanitaires et quelles sont les caractéristiques de la population de travailleurs agricoles concernés ?

Les travaux montrent qu'au cours des années 1981, 1989, 2000 et 2010 (dates de l'étude), 25 substances actives différentes ont été utilisées sur la canne à sucre dont 19 herbicides, 3 insecticides, 2 rodonticides et 1 fongicide, ayant pour principales molécules le 2,4-D, l’amétryne, l’atrazine, Beauveria tenella 96, le chlorpyriphos-éthyl, le diuron et le glyphosate. Entre 44 % (en 1981) et 88 % (en 2010) des travailleurs de la canne à sucre à La Réunion, dont le nombre est passé de 16 777 (en 1981) à 7 194 (en 2010) individus, ont été exposés à au moins une substance toxique pour la santé humaine, pouvant avoir un effet sur la fertilité, la grossesse ou l’enfant à naître (ou induisant une perturbation endocrinienne), soit un effectif de 6 300 à 10 000 personnes concernées sur la période étudiée.

Autant d’éléments qui vont permettre d’orienter les actions de prévention 1, et notamment « la sensibilisation des travailleurs agricoles au risque chimique, la promotion de méthodes alternatives de production de la canne à sucre, la limitation de l’usage des PPP, la circonscription de leur utilisation, le port d’équipements de protection individuelle en conformité avec les conditions climatiques de la région et, enfin, l’information et la formation des médecins généralistes et des médecins du travail pour faciliter la reconnaissance en maladies professionnelles », mentionne Santé publique France.  

ZOOM

Elles sont aides-soignantes, infirmières, femmes de ménage, coiffeuses, esthéticiennes, employées d’hôtellerie... 1 193 316 travailleuses françaises en âge de procréer (entre 15 et 44 ans) ont été exposées en 2018 à des solvants dont certains sont cancérogènes ou reprotoxiques. Selon l’étude publiée dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France daté du 26 février 2019, la majorité d’entre elles, soit 1,1 million, sont confrontées aux solvants oxygénés. Viennent ensuite les solvants pétroliers et chlorés avec respectivement 72 000 et 8 600 travailleuses concernées. 

 

25 

substances actives différentes ont été utilisées sur la canne à sucre.

 

D.V.

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