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© Gaël Kerbaol/INRS

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Les diodes électroluminescentes (LED) remplacent petit à petit les éclairages traditionnels. Économes et efficaces en termes d’éclairage, elles présentent de nombreuses qualités. Sauf qu’un récent rapport de l’Anses dénonce leurs effets néfastes pour la santé.

« Les LED, de par leur spécificité technologique, émettent une lumière avec “un pic dans le bleu”, plus communément appelée “lumière bleue”, composée de longueurs d’ondes courtes et riches en énergie. Elles émettent donc un éclairage plus intense que d’autres sources lumineuses, ce qui peut induire des effets sur la santé de l’homme comme sur l’environnement », remarque l’Agence.

Notamment, des effets phototoxiques avec des lésions sur la rétine à court terme et, à long terme, une augmentation du risque de survenue d’une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Ces effets ont été mis en évidence par des études expérimentales. Cependant, aucune étude épidémiologique ne les a évalués chez des sujets exposés à la lumière artificielle.

De plus, l’Anses insiste sur le risque phototoxique présenté par certains dispositifs lumineux, tels que les lampes torches, les phares automobiles, les décorations et les jouets qui appartiennent au groupe 2 selon la norme NF EN 62471 et qui peuvent émettre des lumières riches en bleu et d’intensité élevée. Ces dispositifs lumineux échap­pent à la réglementation imposée aux éclairages domestiques dont la phototoxité ne doit pas dépasser les niveaux des groupes 0 ou 1 selon la classification imposée par la norme NF EN 62471.

Par ailleurs, l’expertise mentionne qu’une exposition à la lumière bleue, même très faible, comme celle des écrans d’ordinateurs, de smartphones et des tablettes à la lumière bleue le soir ou la nuit, perturbe les rythmes biologiques et donc le sommeil.

Et, d’après l’Anses, « une forte proportion de lampes à LED présente des variations importantes d’intensité lumineuse. Certaines populations – enfants, adolescents, professionnels – pourraient être plus sensibles aux effets induits par cette modulation de la lumière : maux de tête, fatigue visuelle, risques accidentels, etc. ».

Le rapport émet ensuite des recommandations : restreindre la mise à disposition des objets à LED auprès du grand public à ceux de groupe de risque photobiologique 0 ou 1 ; limiter l’intensité lumineuse des phares des véhicules automobiles – tout en garantissant la sécurité routière –, limiter la multiplicité des sources d’exposition lumineuses ; réduire au minimum le niveau de modulation temporelle de la lumière émise par toutes les sources lumineuses. Enfin, l’Anses préconise l’établissement de normes définissant les critères de performance des équipements de protection vis-à-vis de la lumière bleue. 

Delphine Vaudoux

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