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En avril dernier, l’Afnor a publié la norme NF P05‐012 relative à la méthode de la roue freinée. Utilisée pour déterminer la résistance à la glissance des revêtements de sol, cette technique est celle qui, depuis les années 1980, sert à établir la liste des revêtements recommandés par la Cnam pour l’industrie agroalimentaire, dans une optique de prévention des chutes de plain‐pied. « Les mesures effectuées pour alimenter ce catalogue ont longtemps été réalisées par l’INRS, mais aujourd’hui, cette mission incombe à la Carsat Normandie et au Centre d’études et de recherches de l’industrie du béton (Cerib), souligne Michel Jacques, chargé de mission normalisation à l’INRS, qui a participé au groupe de tra‐ vail Afnor. Et dorénavant, les sols qui y sont répertoriés pourront se prévaloir d’avoir été testés conformément à la norme. » Ce dis‐ positif est également utilisé par les Centres de mesures physiques (CMP) lorsque, à la demande des Carsat, ils interviennent dans des entreprises pour évaluer la résistance à la glissance de revêtements de sol en usage.

Contrairement aux méthodes de mesure de la glissance de sols définies par les experts anglais et allemands, celle de la roue freinée a l’avantage de pouvoir être déployée aisément sur le terrain. En effet, le procédé germanique se pratique à l’aide d’un plan inclinable utilisable uniquement en laboratoire et le britannique, qui utilise un pen‐ dule, est très fastidieux à mettre en œuvre sur le terrain. C’est l’emploi d’un « portable friction tester » (PFT) qui confère à la tech‐ nique française la capacité d’être exploitée en entreprise pour effectuer des tests sur les revêtements de sol sur le terrain. Le PFT, conçu en Suède, était initialement destiné à être exploité sur route. L’appareil possède trois roues. Celle placée à l’avant est freinée et munie d’un capteur pour mesurer la force de frottement, qui permet de calculer l’adhérence du sol.

« Il a fallu batailler pour aboutir à cette norme française car les fabricants de revêtements se basaient sur la norme européenne qui repose sur les méthodes de nos voisins, explique Michel Jacques. Mais la possibilité de mesures sur le terrain est un plus indéniable. Quand l’Europe définira une norme pour des tests hors laboratoire, qui ne sont pas couverts par le texte actuel, le système de la roue freinée devrait en toute logique avoir les faveurs de l’institution. »

Damien Larroque

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