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Le récent incendie du musée national de Rio est venu le rappeler brutalement : nul bâtiment n’est à l’abri du feu. Produits chimiques, présence de bois, mais aussi bouilloire défectueuse, serveur informatique en surchauffe, mégot mal éteint… Les sources d’incendies en entreprise sont multiples, avec des conséquences humaines, matérielles et socio-économiques potentiellement désastreuses.

© Philippe Castano pour l’INRS

© Philippe Castano pour l’INRS

Toutes origines confondues, la France recense un départ de feu toutes les deux minutes. On y comptabilise chaque année en moyenne 10 000 incendies d’entreprise d’ampleur et de gravité variables. Certains secteurs d’activité peuvent être considérés comme plus vulnérables au risque incendie : traitement de déchets, commerces et entrepôts, industrie agroalimentaire, industrie chimique, industrie du bois. Mais en fait toutes les entreprises sont concernées, du fait de la présence quasi systématique de matières combustibles et de sources d’inflammation.

Si le nombre de victimes directes (décès, brûlés, intoxiqués) sur le lieu de travail reste faible, les conséquences pour la bonne marche de l’entreprise peuvent s’avérer fatales. « Il faut avoir conscience que les deux tiers des entreprises ayant subi un incendie majeur ne s’en relèvent pas et disparaissent à court ou moyen terme », observe Benoît Sallé, expert d’assistance-conseil incendie-explosion à l’INRS.

Même en cas de dégâts matériels limités, une entreprise victime d’un incendie en vient rapidement à fonctionner en mode dégradé. Les cas les plus sévères peuvent conduire à l’arrêt immédiat de l’activité, faute d’outil ou de lieu de production. « C’est pourquoi la prévention des risques incendie doit intervenir le plus en amont possible, dès la conception et l’implantation des locaux ou dès la mise en place d’un procédé de production », commente Florian Marc, expert d’assistance-conseil incendie-explosion à l’INRS.

L’employeur est tenu de prendre en compte la réglementation du Code du travail et éventuellement d’autres réglementations selon le type d’établissement. Une démarche d’évaluation des risques doit être réalisée et des mesures de prévention techniques, organisationnelles et d’information-formation des salariés mises en œuvre. Néanmoins, la suppression de l’ensemble des combustibles ou des sources d’inflammation étant difficile, un des objectifs consiste à limiter la propagation du feu.

Une détection précoce d’un incendie contribue à atteindre un autre objectif : évacuer rapidement et en sécurité l’ensemble des personnes présentes. Cela permet aussi d’intervenir rapidement avec les moyens internes (extincteur, robinet d’incendie armé-RIA) sur le début d’incendie et de limiter sa propagation. La réglementation française du travail en matière de lutte contre l’incendie est d’ailleurs axée sur des dispositions permettant d’atteindre ces objectifs (évacuation, intervention, limitation de la propagation).

ÉVÉNEMENT

Une journée technique sur le risque incendie en entreprise va se tenir le 11 décembre prochain à Paris, organisée par l’INRS en partenariat avec la Fédération française des métiers de l’incendie. Destinée essentiellement à un public de non-spécialistes, elle sera construite autour de quatre grands thèmes : un rappel des enjeux, la prise en compte du risque incendie dès la conception, les mesures organisationnelles essentielles à sa prévention et à sa maîtrise, enfin les moyens d’extinction ainsi que les dispositions pour faciliter l’intervention des secours extérieurs.

« Le risque incendie en entreprise : Quels enjeux ? Quelles démarches pour la prévention ? »

Cité des Sciences et de l’Industrie, 30 Avenue Corentin-Cariou, 75019 Paris,
de 9 h 30 à 16 h 30

Inscription : www.inrs-incendie2018.fr

C.R.

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