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La Communauté de communes du Grand Pontarlier réfléchit depuis plusieurs années aux façons de réduire, au sein de son personnel, le risque de troubles musculosquelettiques, lié aux nombreuses manutentions manuelles des matériels. Le développement de mécanisation, par l’acquisition et le déploiement de matériels adaptés, apporte les premières solutions.

© Philippe Castano pour l’INRS

L’été est arrivé avec son lot de festivals et d’événements en plein air. Dans la commune de Pontarlier, dans le Doubs, s’est tenu durant la première quinzaine de juillet le Ponta’Beach, manifestation de promotion du sport et des jeux en plein air et en famille. Des terrains de sable, des chalets en bois, des podiums, des barrières ont été installés pour l’occasion sur les rives du Doubs. Le montage de ces structures à la fin du mois de juin a été l’occasion de mettre en œuvre des moyens de manutention mécanisés. Les ports de charges font en effet l’objet de réflexions depuis plus de trois ans au sein de la Communauté de communes du Grand Pontarlier (CCGP).

« C’est parti de l’évaluation des risques dans notre document unique et du constat qu’il y avait de multiples reprises manuelles de charges et décharges de matériels lourds, se remémore Patrice Couturier, conseiller en prévention à la CCGP. Les agents se plaignaient de plus en plus de maux de dos. Et on observait que les lombalgies commençaient à devenir chroniques, avec des arrêts de travail de plus en plus longs. »

Démarche participative

Face à l’accroissement du nombre de manifestations et aux récentes contraintes découlant du plan Vigipirate (multiplication du nombre de barrières à installer, manipulation de matériels lourds tels que les blocs de béton), il a fallu réfléchir à de nouveaux modes de manutention. « En parallèle, nos engins de levage étaient de moins en moins utilisés, à peine 10 % », poursuit-il. La CCGP s’est ainsi orientée vers une mécanisation des manutentions. Elle s’est équipée d’un camion-grue et d’un tractopelle pour réaliser certaines opérations. Six conducteurs ont été formés et ont obtenu le Caces pour manœuvrer ces engins.

LE CHIFFRE

14 kg,

c’est le poids unitaire des barrières de sécurité installées lors des multiples manifestations publiques. Le parc de barrières de la Communauté de communes du Grand Pontarlier est passé de 250 à 500 pièces en l’espace d’un an, pour répondre aux besoins sans cesse croissants.es hyper et des supermarchés à l’arrêt. C’est ce que représentent les arrêts de travail dans ce secteur.

En parallèle, la CCGP s’est rapprochée de l’entreprise Mabéo industries pour développer des supports facilitant le chargement et le déchargement des matériels. Désormais, des racks en acier servent à manutentionner les barrières de sécurité par lots de trente. Concernant les chalets, un prototype de rack conçu pour stocker les composants a également été développé. « Ces racks pèsent autour de 350 kg, mais une nouvelle génération plus légère devrait voir le jour », explique Gilles Vuillaume, responsable de la menuiserie.

De nouvelles pratiques qui apportent satisfaction aux agents, « même si la résistance au changement et les craintes suscitées par la nouveauté nécessitent une pédagogie et une communication permanentes », constate Patrice Couturier. « La démarche menée ici est très positive, en particulier du fait de la participation du personnel aux réflexions et aux essais de matériels, conclut Matthieu Armbruster, chargé d’inspection en santé et sécurité au service prévention du centre de gestion du Doubs. Beaucoup de collectivités rencontrent ce même type de problématique et de questionnements. »

UN NOUVEL ESPACE DE STOCKAGE

La CCGP se dote actuellement d’un nouvel espace de stockage du matériel : pneus, extincteurs, guirlandes de Noël, sacs de terreaux, véhicules de déneigement… étaient jusqu’à présent dispersés sur les dix communes qui composent la communauté. Le nouveau siège de la Communauté de communes a une surface de 1 000 m2 pour centraliser l’ensemble du matériel. « Il sera beaucoup plus simple d’avoir un point de stockage unique au quotidien », se réjouit Thierry Pierluigi, responsable du magasin. Un nouveau fonctionnement qui devra néanmoins faire appel à une nouvelle organisation.

Céline Ravallec

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