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Les emplois dans le nettoyage sont souvent une solution d’accès au marché du travail pour certaines personnes inactives ou immigrées. Avec trop souvent des expositions aux risques physiques et chimiques et des horaires décalés et morcelés… mais aussi le sentiment de réaliser un travail utile.

© Gaël Kerbaol/INRS

© Gaël Kerbaol/INRS

« Lors du dernier exercice de prospective des métiers et des qualifications réalisées par la Dares, le métier d’agent d’entretien est apparu comme le plus important pourvoyeur de postes d’ici 2022 », explique Selma Mahfouz, directrice de la Dares, justifiant ainsi le travail réalisé sur ces métiers par ses équipes, et présenté récemment (1). Avec 1,9 million de salariés travaillant dans le nettoyage en France métropolitaine, il apparaît ainsi que 8 % de l’ensemble des salariés exerçaient en 2016 un métier non qualifié du nettoyage, selon l’Insee. Un métier confronté à de nombreux risques.

Les métiers du nettoyage regroupent un large spectre de professions, d’ouvriers et d’employés, qui interviennent dans des entreprises, chez des particuliers ou dans des services publics. Une profession majoritairement féminine, qui constitue rarement un choix à la fin de ses études. D’ailleurs, « 44 % des salariés du nettoyage sont sans diplôme, soit 10 points de plus que l’ensemble des salariés non qualifiés, souligne Aurore Desjonquières, chargée d’études à la Dares. De plus, 20 % des emplois du nettoyage sont occupés par des immigrés, une part deux fois plus élevée que pour l’ensemble des salariés. »
 

Manque de reconnaissance

Du côté des conditions de travail, ces salariés sont exposés aux risques physiques et chimiques, et travaillent fréquemment en horaires décalés. « 71 % sont exposés au travail répétitif, 61 % au risque chimique et 52 % aux postures pénibles. Au total, explique la chargée d’études, comme pour l’ensemble des salariés non qualifiés, 9 salariés du nettoyage sur 10 sont exposés à au moins un risque physique. Sans surprise, ils sont davantage confrontés aux mauvaises odeurs, à la saleté et aux risques infectieux, ceux intervenant en entreprise étant les plus exposés. » Ces risques physiques se caractérisent par de fréquentes douleurs, notamment au dos.

Le manque de reconnaissance est également caractéristique de ce secteur. 29 % des salariés du nettoyage exerçant en entreprise se sentent ignorés au cours de leur activité professionnelle. Ils bénéficient cependant d’une relative autonomie, comparativement aux autres salariés non qualifiés. Enfin, ils travaillent très souvent à temps partiel subi, un quart ayant également une coupure de plus de 3 heures. Du côté des perspectives d’évolution, seules 9 % des personnes suivent une formation. Et très peu débouchent sur une certification.

Parmi les notes positives de cette analyse, « on note que sur l’ensemble des salariés du nettoyage, 56 % estiment réaliser des tâches plaisantes, insiste Aurore Desjonquières. 72 % ont le sentiment d’effectuer un travail utile, une proportion encore plus importante chez les agents à domicile et ceux travaillant dans des services hospitaliers ».

(1). Pour voir l’analyse complète : https://dares.travail-emploi.gouv.fr

Propos recueillis par D. V.

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