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Le projet Amiante-Meta, lancé par l’INRS en 2012, a notamment permis de préciser les connaissances sur la métrologie de l’amiante et sur les situations de travail. Bilan de cinq années de travaux.

La connaissance en prévention des risques professionnels liés à l’amiante n’a cessé de s’améliorer ces dernières années. Notamment le comptage des fibres d’amiante dans l’environnement de travail, qui en constitue le point de départ. Néanmoins, si des résultats significatifs ont déjà été obtenus, certains dispositifs en place aujourd’hui peuvent encore être améliorés. Le 6 décembre dernier, à Nancy, l’INRS a présenté un premier bilan de ses travaux en la matière à travers l’évolution du projet Amiante-Meta depuis son lancement en 2012.

Cette année-là, la méthode réglementaire de comptage des fibres d’amiante en milieu de travail par microscopie optique à contraste de phase (MOCP) en vigueur jusqu’alors est remplacée par la microscopie électronique à transmission analytique (Meta). « Une campagne de la Direction générale du travail a permis de s’assurer que la Meta était utilisable en milieu de travail pour toutes les situations d’empoussièrement. En plus, elle permet de distinguer les fibres d’amiante des autres fibres et de comptabiliser les fibres les plus fines, qui n’étaient pas observables avec la MOCP. L’INRS a alors lancé le projet Amiante-Meta en réalisant d’abord une étude de comparaison du comptage des fibres d’amiante avec les méthodes MOCP et Meta, explique Anita Romero-Hariot, chef du projet Amiante-Meta à l’INRS.  Celle-ci a permis de confirmer l’absence de corrélation évidente entre les deux méthodes. »

Réévaluer des moyens de protection

Dès lors, c’est autour de cinq autres axes que le projet va être déployé au cours des quatre années qui suivent. Première étape, la mise à la disposition des entreprises d’une application simple d’utilisation qui permette une évaluation a priori du niveau d’empoussièrement aux fibres d’amiante lors de la mise en œuvre de travaux sur matériaux amiantés. Cela a été fait avec Scol@miante, qui rend possible une interrogation par type d’activité, nature du matériau et technique utilisée. Toutefois, si l’application constitue une aide, elle ne se substitue en aucun cas à l’évaluation réglementaire des niveaux d’empoussièrement qui incombe à l’employeur.

L’étape suivante a été la réévaluation, par la méthode Meta, des facteurs de protection assignés des appareils de protection respiratoire utilisés lors des travaux sur matériaux amiantés. Ceux-ci étaient basés sur des prélèvements analysés en MOCP et dataient des années 1990. « Une étude de trois ans, menée sur plusieurs chantiers de désamiantage a également révélé des situations de travail largement améliorables sur les plans organisationnel et technique. Elle a par ailleurs confirmé des situations d’empoussièrement très important lors de travaux de retrait de plâtres amiantés », reprend Anita Romero-Hariot.

Troisième axe : l’élaboration, en lien avec la direction générale du travail, et la mise en œuvre, à travers une formation obligatoire, d’un dispositif permettant de renforcer la qualité des prestations des organismes accrédités pour le contrôle de l’amiante en milieu de travail. Objectif : renforcer le rôle des laboratoires dans la prévention du risque amiante. Depuis 2013, des sessions de formation sont organisées par l’INRS, auxquelles ont déjà participé plusieurs membres des laboratoires de chacun des organismes accrédités.

En parallèle, avec l’abaissement de la VLEP (valeur limite d’exposition professionnelle) à 10 f/l au 2 juillet 2015, les professionnels se sont mobilisés pour développer des techniques de traitement moins émissives. L’INRS a alors réalisé des expertises sur certaines de ces innovations. Des avis ont été formulés sur des procédés de retrait de matériaux amiantés (l’hydrodécapage à ultra haute pression, par exemple), des unités mobiles de décontamination, des mesures de protection collective (gel hydrique, aspirateur THE…) ou encore des appareils de protection respiratoire.

Enfin, un dernier axe consiste à poursuivre les travaux sur les empoussièrements des activités en sous-section 4 (activités d’entretien et de maintenance sur les matériaux amiantés). « Pour ce faire, nous incitons les syndicats professionnels à établir des modes opératoires communs à toute la profession, à les évaluer et mettre les résultats à la disposition de l’ensemble des adhérents », explique Anita Romero-Hariot. Deux conventions ont été signées, en 2013 et 2014, respectivement avec la Fédération des métiers de l’énergie et de l’environnement (Fedene) et, dans le cadre de la campagne Carto, avec la DGT et l’OPPBTP.

Grégory Brasseur

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