ACTUALITÉS

Les gyropodes et bien d’autres engins électriques ont transformé les déplacements au quotidien, dans la sphère privée. Ils commencent à s’imposer au travail. Mais quid des risques qu’ils engendrent, aussi bien pour ceux qui les conduisent que pour ceux qui les côtoient dans le cadre du travail ?

© Hervé Boutet/Divergence

© Hervé Boutet/Divergence

Connaissez-vous les EDP ou les EDI ? Ces sigles désignent les « engins de déplacement personnel ou individuel ». Pour résumer : les gyropodes, monoroues électriques, hoverboards et autres trottinettes électriques. Si, à l’heure actuelle, on les rencontre essentiellement sur la voie publique, ils peuvent être utilisés dans le cadre professionnel pour des déplacements longs ou fréquents, dans des sites vastes, des entrepôts logistiques, des gares SNCF, ou pour de la surveillance, par la police notamment...

« À l’INRS, on reçoit de plus en plus de demandes d’assistances relatives aux conséquences de l’utilisation de gyropodes en entreprise, explique Laurent Kerangueven, ergonome à l’INRS. Même s’il existe à l’heure actuelle peu de données chiffrées sur l’accidentologie en entreprise, on sait que sur la voie publique, le nombre d’accidents liés aux trottinettes électriques, gyropodes, etc. est important. »

L’INRS a identifié les risques liés à l’utilisation de ces engins. Les principaux sont les suivants :

  • chutes depuis l’engin,
  • heurts/collisions ;
  • charge cognitive liée aux exigences attentionnelles dues à l’utilisation de l’équipement, à la gestion de la vitesse de l’engin, à l’environnement dans lequel il évolue, et à la coactivité ;
  • conséquences des contraintes posturales liées à une utilisation en station debout prolongée ;
  • exposition aux vibrations et chocs vibratoires pouvant provoquer des risques de lombalgies…

« Avant tout, souligne Anne-Sophie Valladeau, expert en risques routiers à l’INRS, il importe d’évaluer les risques, de réaliser une analyse approfondie des situations de travail. Et de se poser les bonnes questions : quel est notre besoin ? Ne crée-t-on pas de nouveaux risques ? Où va-t-on circuler avec cet engin ? Quelles en sont les limites ? »

Si, pour un usage professionnel, le gyropode est la solution retenue, il convient de s’assurer que le modèle choisi soit bien adapté à la tâche effectuée et à l’environnement dans lequel il sera utilisé. « Un gyropode n’est absolument pas fait pour transporter des charges, insiste Laurent Kerangueven. Il est par ailleurs nécessaire de bien définir les conditions d’usage de l’engin afin de s’orienter vers le modèle approprié. Par exemple, choisir un modèle permettant au conducteur de signaler sa présence, par un signal sonore ou lumineux, en cas d’utilisation dans un espace partagé avec des tiers. »

Enfin, son utilisation doit être réfléchie. Il convient aussi de brider la vitesse de l’engin, identifier clairement les zones de circulations sur lesquelles il pourra circuler, proposer des zones de stationnement… Une fois le gyropode acquis, il est important de former les personnes qui vont être amenées à s’en servir. Puis, après quelques semaines d’utilisation, d’évaluer ses conditions d’usage. 

EN SAVOIR PLUS

« Usage professionnel des gyropodes : point sur l’évaluation des risques », Hygiène & Sécurité du travail n° 254 (1er trimestre 2019)

À consulter et à télécharger

G.B.

Haut de page