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Si les transpalettes et autres chariots de manutention bénéficient d’une norme en matière de vibrations, les équipements dits de transbordement, permettant de faire le lien entre les quais de livraison et les remorques des camions, ne sont pas pris en compte de ce point de vue. Des chercheurs de l’INRS ont jeté les bases d’un code d’essai qui permettra aux fabricants d’indiquer un critère relatif au niveau vibratoire de leur matériel.

© Gaël Kerbaol/INRS

© Gaël Kerbaol/INRS

Les utilisateurs de chariots de manutention sont exposés aux vibrations émises par leurs machines. Aujourd’hui, il est possible de tenir compte de ce risque lors de l’acquisition de ce matériel, puisque les fabricants communiquent la valeur d’émission vibratoire de leurs engins. Mais en fonction de la nature et de l’état du sol, l’intensité des vibrations ressenties au poste de conduite est très variable. C’est le cas notamment des dispositifs dits de transbordement, qui comblent l’espace entre les quais de chargement et les remorques des camions : ils génèrent une augmentation des vibrations par les irrégularités qu’ils font apparaître sur le parcours. Des vibrations supplémentaires peu mesurées jusqu’à présent.

Jérôme Rebelle, responsable d’études à l’INRS, et son équipe ont mené une étude visant à définir les bases d’un code d’essai qui pourrait être normalisé à terme. Le protocole permettra aux constructeurs de matériel de transbordement de faire figurer dans la notice la variation du niveau vibratoire à laquelle s’attendre lorsqu’un chariot circule dessus. Les entreprises pourront choisir leur équipement pour limiter l’exposition de leurs salariés aux vibrations.

Dix allers-retours

« Il existe des solutions de transbordement déplaçables comme les rampes ou les ponts. Assez sommaires, elles créent des irrégularités plus importantes que les dispositifs plus modernes, explique Jérôme Rebelle. On en voit de moins en moins et, à terme, je pense qu’elles devraient disparaître totalement au profit des quais niveleurs à lèvres rabattables ou télescopiques. Ils créent de moindres aspérités et ont de plus en plus les faveurs des entreprises. » Ces mécanismes s’adaptent quelle que soit la différence de hauteur entre le quai et le camion, autre bénéfice qui séduit les professionnels. C’est donc à ce type de matériel que les chercheurs de l’INRS se sont intéressés pour réaliser leur étude.

Pour trouver un terrain d’essai approprié, ils se sont rapprochés de l’entreprise FM Logistic, qui a mis à la disposition des scientifiques ses nouveaux entrepôts, sur son site de Ludres, à côté de Nancy. Les quais de chargement y sont justement équipés de niveleurs à lèvres rabattables. L’expérience a ensuite consisté à enregistrer les niveaux de vibrations de ces équipements au passage d’un transpalette électrique à conducteur porté. Ce dernier a été équipé d’un matériel de mesure, notamment de capteurs positionnés juste au-dessus de sa roue motrice et sur la plate-forme de conduite. « Nous avons fait des séries de dix allers-retours en modifiant des paramètres : la vitesse de l’engin, chargé ou à vide, avec différents types de remorque, avec plusieurs angles d’inclinaison du plateau du niveleur… », explique Alexandre Klingler, technicien.

Les premiers résultats de ces tests montrent que lors du franchissement d’une zone de transbordement, l’augmentation des vibrations est moins importante lorsque le niveleur de quai est positionné horizontalement ou incliné vers le haut, c’est-à-dire en montée vers la remorque. Jusqu’à 50 % d’augmentation de chocs et de vibrations ont été mesurés quand le plateau est orienté en descente. « Une fois le code d’essai validé, il restera un bon bout de chemin à parcourir, précise Jérôme Rebelle. Car pour que le protocole soit adopté par les fabricants et utilisé par les entreprises, il est nécessaire qu’il fasse l’objet d’une norme. Un processus qui prendra au minimum de cinq à sept ans. »

LE CHIFFRE

50 %

d’augmentation de l’amplitude des chocs et vibrations ont été mesurés au passage d’un transpalette à conducteur porté quand le plateau est orienté en descente plutôt qu’en montée ou horizontalement.

Propos recueillis par D. L.

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