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Face aux préoccupations de ses équipes, la direction de la santé et de la qualité de vie au travail de France Télévisions a commandé deux études sur les ondes électromagnétiques, dont les résultats s’avèrent rassurants.

© ANFR

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Tout est parti de Picardie. En 2015, un expert international des ondes électromagnétiques est interviewé dans les studios de l’antenne régionale de France Télévisions. Des salariés saisissent l’occasion pour lui faire part de leurs préoccupations à ce sujet. Des échanges qui amènent le CHSCT à envisager une étude pour connaître les niveaux d’exposition auxquels les différents matériels de transmission soumettent les professionnels de l’information. « Nous avons souhaité prendre la main sur le sujet, puisque les conclusions d’un tel travail sont d’intérêt pour l’ensemble de l’entreprise », se remémore Thomas Évrard, ingénieur prévention sécurité chez France Télévisions.

C’est à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) qu’est confié le soin de recenser les équipements émetteurs d’ondes électromagnétiques, d’analyser les données sur leurs émissions et de dresser un bilan des expositions. L’expérimentation montre que le matériel respecte la réglementation concernant les ondes électromagnétiques. Cependant, bien que prises en compte de manière théorique, les multiexpositions liées aux conférences de presse partagées par de nombreux médias n’ont pas été concrètement étudiées, laissant une partie des salariés dans l’inquiétude. « Les champs électromagnétiques ne s’additionnent pas de façon linéaire. L’extrapolation de l’Ineris, basée sur cette réalité scientifique, était donc tout à fait recevable, estime Paul Thibault, également préventeur à France Télévisions. Mais pour rassurer davantage, nous avons lancé une seconde étude avec l’objectif de valider ces déductions de manière plus tangible. »

Une exposition inférieure aux valeurs réglementaires

C’est cette fois l’Agence nationale des fréquences (ANFR) qui est mandatée par France Télévisions, en collaboration avec la chaire C2M de Télécom Paris Tech. Des expérimentations sont programmées en 2016 et 2017, autour de trois situations différentes : les multiexpositions en conférence de presse, les expositions professionnelles et non professionnelles et, enfin, les expositions localisées dues à l’utilisation d’un matériel précis qui permet de faire des directs et des envois d’images grâce au réseau 3G/4G (le Digital mobile news gathering ou DMNG). Là encore, les résultats des mesures indiquent un respect des valeurs limites d’exposition (VLEP) en vigueur.

Dans le premier cas, avec la mise en œuvre de multiples sources destinée à recréer l’ambiance d’une salle de presse, les niveaux d’exposition restent plus de six fois inférieures aux VLEP. Pour la seconde configuration expérimentale, une dizaine de journalistes ont été munis d’analyseurs portatifs qu’ils ont conservés tout au long de la journée. Les résultats sont inférieurs à ceux de l’étude réalisée par l’ANFR en 2006 sur l’exposition de la population générale. Enfin, les modélisations avec les DMNG révèlent une exposition très inférieure aux limites régle­mentaires et ce dans toutes les configurations testées.

« L’étude de l’ANFR a permis d’avoir une vision précise des niveaux d’exposition de nos collaborateurs dans les différentes situations de travail et d’adapter les mesures de prévention, explique Thomas Évrard. Par exemple, la direction a pu, en connaissance de cause, supprimer des distances de sécurité d’utilisation de l’équipement DMNG édictées par précaution… » Les préventeurs de France Télévisions restent vigilants et continuent de mener une veille scientifique et réglementaire sur le sujet afin d’adapter leurs pratiques à toute éventuelle évolution.

D. L.

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