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Le Syctom traite les déchets de Paris et des villes de la petite couronne. Régulièrement, ses agents trouvent des seringues usagées sur les tapis de tri. Ils courent le risque de se piquer et de contracter des maladies… alors qu’il existe une filière d’élimination, aussi bien pour les professionnels de santé que pour les personnes en auto-traitement.

© Gaël Kerbaol/INRS

« Sur l’un de nos centres, on retrouve jusqu’à 1 200 seringues par an », explique Sophie Huneau, la directrice de la  prévention et des relations avec les collectivités locales du Syctom (1). Un problème récurrent qui expose le trieur aux risques d’hépatite B ou C et de Sida. En cas de piqûre, l’agent est dirigé vers l’hôpital de proximité, pour un entretien avec un médecin, des analyses et éventuellement des traitements préventifs. « Nous n’avons pas d’information sur la suite, car les dossiers de suivi médical sont confidentiels », précise Sophie Huneau.

Les accidents avec des piquants se produisent principalement dans les cabines de tri des collectes sélectives. En effet, les déchets issus du tri des particuliers passent sur une chaîne de tri, plus ou moins mécanisée, et l’on retrouve des seringues à différentes étapes : aussi bien sur les tapis de prétri, que sur ceux de corps plats (papiers, cartons, cartonnettes…) ou encore sur les tapis de corps creux (flacons plastique, briques cartonnées…). Pour se protéger, les agents portent des gants et surgants et il leur est interdit d’ouvrir les sacs plastiques, afin de limiter les mauvaises surprises. Mais en 2016, quatre accidents par exposition au sang ont eu lieu dans l’un des centres du Syctom..

Irresponsables

Quand un opérateur trouve une seringue, il arrête le tapis et la seringue est photographiée avant de partir dans une boîte sécurisée. « Les documents présents autour de la seringue sont prélevés, parce qu’ils pourraient permettre d’identifier au moins la ville de provenance, voire la rue. On constate parfois des récurrences et l’on demande annuellement aux villes de faire de la sensibilisation, en fonction des secteurs géographiques ciblés. Une ville a ainsi amélioré la gestion des déchets de soins de sa maison de retraite », poursuit la directrice de la  prévention.

Les seringues proviennent à la fois de professionnels qui jettent ces déchets dangereux dans la collecte sélective et de patients qui ne connaissent pas encore les consignes de retour en boîte sécurisée (lire l’encadré ci-dessous). « Les professionnels ont leur propre filière d’élimination, il est regrettable que certains ne la suivent pas toujours, insiste Sophie Huneau. Ils devraient fournir les bonnes informations aux patients et, le pharmacien devrait avoir un rôle également de conseil et de diffusion de la boîte pour déchets piquants (2) » Malgré tout, les patients méconnaissent parfois encore les consignes et jettent leurs seringues dans la poubelle de tri.

1. Le Syctom, agence métropolitaine des déchets ménagers, traite les déchets de 84 communes de la région parisienne, ce qui représente 2 274 887 tonnes de déchets annuels.
2. Elle est gratuite et les pharmaciens ont l’obligation de la donner aux patients en auto-traitement.

UNE FILIÈRE ORGANISÉE

Dastri est un éco-organisme chargé de mettre à la disposition des patients en auto-traitement une solution de proximité simple et sécurisée pour l’élimination des déchets de soins piquants, coupants, tranchants qu’ils produisent. L’objectif est de récupérer en toute sécurité ces déchets qui présentent un risque pour les personnes en charge de la collecte et du traitement des ordures ménagères. Ainsi, Dastri propose, par l’intermédiaire de pharmaciens, des boîtes jaunes à couvercle vert destinées à ces déchets. Lorsque la boîte est pleine, le patient doit la rapporter dans l’une des mille déchetteries acceptant ces contenants ou dans une pharmacie qui, sur la base du volontariat, se charge de sa collecte ou. À ce jour, 15 800 points de collecte ont été identifiés en France. 70 % des Dasri (déchets d’activités de soins à risques infectieux) des personnes en auto-traitement y sont récupérés (870 tonnes annuelles). En 2022, ce chiffre devrait atteindre 80 %.

LE CHIFFRE

4 accidents,

accidents par exposition au sang ont été déplorés sur l’un des centres du Syctom en 2016.

Delphine Vaudoux

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