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Notre objectif est de lever le tabou sur le suicide dans les professions de santé et de faire de cette question une priorité nationale », affirmait le Dr Éric Henry, président de l’association Soins aux professionnels de santé (SPS), à l’occasion de la présentation en décembre dernier des résultats d’une enquête intitulée « Suicide et professionnels de santé ». 472 médecins, 114 pharmaciens, 53 infirmiers et 71 soignants issus d’autres métiers (aides-soignants, chirurgiens-dentistes, kinésithérapeutes, sages-femmes…), soit 710 répondants y ont participé.

41% d’entre eux connaissent des confrères ayant fait des tentatives de suicide. À la question « Aujourd’hui, connaissez-vous des professionnels de santé de votre entourage à risque suicidaire ? », 28 % des sondés répondent par l’affirmative. Enfin, un quart des répondants considèrent avoir déjà eu eux-mêmes des idées suicidaires dont l’origine était tout ou partie d’ordre professionnel.

Un maillage territorial de prise en charge

Des chiffres qui abondent dans le sens de ceux de précédentes enquêtes réalisées par l’association sur la souffrance psychologique des soignants et qui légitiment ses actions de soutien et d’accompagnement de ces professionnels. En novembre 2016, SPS a lancé une plate‑forme nationale d’appel qui, en un an, a reçu plus de 1 800 appels, dont un quart pour des raisons d’épuisement professionnel. Les autres motifs d’appels étant des demandes d’information, des conflits avec la hiérarchie ou des collègues, les conditions de travail, la démotivation…

Pour répondre à l’attente des appelants qui préfèrent être orientés vers des consultations en face à face, l’association travaille à la mise en place d’un maillage territorial de prise en charge constitué des unités dédiées autorisées par les agences régionales de santé (ARS) et de lieux d’hospitalisation de jour auxquels il faut ajouter « les médecins généralistes souhaitant accompagner et soutenir en ambulatoire des professionnels de santé rendus vulnérables ».

Ces derniers sont répertoriés par SPS qui leur propose en outre des formations dont les premières sessions, intitulées « repérage et prise en charge des soignants rendus vulnérables par leur travail », ont eu lieu en janvier 2018. « L’idéal serait de voir ce type d’enseignement intégrer les formations initiales des professionnels de santé », explique le Dr Éric Henry.

Damien Larroque

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