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Dans une étude Ifop pour Syndex, cabinet d’expertise au service des représentants des salariés, les élus interrogés font part de leurs inquiétudes liées à la création du comité social et économique (CSE), mais restent déterminés.

UNE MAJORITE des représentants du personnel perçoivent un changement dans leur situation depuis le passage au comité social et économique (CSE)… et s’en inquiètent ! C’est ce qui ressort de la deuxième enquête Ifop pour Syndex, cabinet d’expertise au service des représentants des salariés et des organisations syndicales, réalisée en octobre et novembre 2019 auprès d’un échantillon de 812 élus du personnel en France, provenant en majorité d’entreprises de 50 salariés et plus.

La mise en place du CSE amène les élus à estimer davantage que l’an passé qu’ils sont perdants dans l’exercice de leurs fonctions de représentants du personnel. Ils évoquent notamment la réduction des heures de délégation et un investissement personnel accru. Ils craignent en premier lieu une perte de leur capacité d’action et un affaiblissement de leur poids face à celui de la direction. Une moins bonne prise en compte des enjeux de santé au travail, un accroissement de l’investissement en temps et une diminution des moyens alloués aux représentants du personnel sont signalés.

S’ils sont 65 % à se dire globalement inquiets avec la nouvelle instance, ils sont toutefois 58 % à rester déterminés face à une direction jugée peu ouverte au dialogue dans les négociations (52 %). Dans le cadre des négociations relatives au passage au CSE, ils estiment à 52 % qu’il y a eu un manque d’ouverture de la direction au dialogue. Un renouvellement significatif des équipes est noté avec deux tiers des équipes composées d’anciens et de nouveaux élus, mais le pessimisme reste majoritaire (55 %) vis-à-vis de l’avenir du dialogue social dans l’entreprise.

Pour mieux appréhender le rôle de représentant du personnel, une exigence grandissante de formations s’exprime : formations liées à la maîtrise du fonctionnement du CSE ainsi qu’à la santé, la sécurité et aux conditions de travail. « Depuis la fusion des instances, ces questions arrivent souvent au terme de réunions fleuves d’une journée entière où ni les élus ni la direction ne tiennent la distance et qui finissent par être bâclées », évoque François Quatrevaux, délégué CFDT du groupe Ramsay. Or deux tiers des élus placent ces sujets en tête de leurs priorités, avant même les choix stratégiques et les enjeux économiques.   

Propos recueillis par G.B

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