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À l’occasion de la préparation du championnat de France de soudure, retour sur les risques liés aux fumées de soudage qui doivent être captées au plus près de la source.

© Patrick Delapierre pour l’/INRS/2019

© Patrick Delapierre pour l’/INRS/2019

Métallurgie, construction navale, BTP, automobile… les activités concernées par le soudage des métaux sont particulièrement variées, que ce soit en production, construction ou maintenance, dans un atelier ou sur un chantier. Quels que soient les procédés utilisés, les températures élevées atteintes au point de fusion entraînent inexorablement des fumées qui peuvent être inhalées par les soudeurs, mais aussi par les personnes travaillant à proximité.

« Ces fumées, mélangées à de l’air chaud, sont formées de gaz et de poussières. Celles-ci sont quasiment toutes inférieures au micromètre et donc sont susceptibles d’atteindre la région alvéolaire de l’appareil respiratoire », insiste Myriam Ricaud, expert en prévention des risques chimiques à l’INRS. Elles peuvent être à l’origine d’intoxications entraînant des pathologies aiguës ou chroniques chez les soudeurs et chez les salariés amenés à effectuer des opérations de préparation et de parachèvement des pièces soudées (découpe, ponçage, formage, meulage, etc.). Ces émanations sont classées cancérogènes avérés par le Circ (1), il est donc indispensable de s’en protéger.

Faire le bon choix

Dans un premier temps, la modification des procédés doit systématiquement être envisagée sous réserve, bien entendu, de ne pas altérer la qualité de la soudure. « Par exemple, en réduisant le diamètre de l’électrode, en remplaçant le soudage avec fil fourré par du soudage sous gaz protecteur avec fil plein, en réduisant la longueur de l’arc, en changeant le gaz de protection ou encore en réduisant l’intensité du courant, explique Myriam Ricaud. Il existe aussi des procédés moins émissifs comme le soudage à l’arc submergé. »

Ces modifications de procédés sont souvent insuf-fisantes pour garantir un air sain. Il s’avère alors nécessaire de capter les fumées de soudage à la source, avec une aspiration localisée, au plus près de leur source d’émission. Objectif : éviter qu’elles pénètrent dans les voies respiratoires ou soient dispersées dans le local de travail. Il faut d’ailleurs compléter ce dispositif par une ventilation générale, pour amener de l’air neuf.

« Si la ventilation est insuffisante, les soudeurs doivent porter un appareil de protection respiratoire, filtrant anti-aérosols à ventilation libre ou assistée, selon la durée des travaux (filtres anti-aérosols de classe P3). Et si le niveau ambiant d’oxygène est appauvri, il faut porter un appareil de protection respiratoire isolant », précise l’expert.

Le choix du dispositif de captage à la source des fumées doit être adapté à la technique de soudage, aux pièces à souder, à l’opérateur, à l’environnement et aux conditions de travail… Il pourra s’agir d’une torche aspirante, d’un gabarit aspirant, d’une table aspirante, d’une cabine de soudage, d’un caisson aspirant, voire d’une hotte ou d’un bras articulé.

« Pour maintenir son efficacité dans le temps, une installation de ventilation doit être correctement réceptionnée, puis entretenue, et faire l’objet de contrôles périodiques. Ainsi, au plus tard un mois après sa mise en service, l’installation doit être caractérisée par des valeurs de référence, déterminées dans les conditions nominales de fonctionnement. Elles constituent les valeurs réputées satisfaisantes pour le bon fonctionnement de l’installation et servent de base à l’entretien de l’installation et au contrôle de son efficacité », note Myriam Ricaud.

Les contrôles périodiques doivent être réalisés par un technicien qualifié. Pour les installations de ventilation avec rejet à l’extérieur, des contrôles périodiques tels que la mesure du débit global d’air extrait par l’installation doivent être réalisés tous les ans. Ces contrôles doivent être consignés dans le dossier de maintenance. 

(1). Centre international de recherche sur le cancer.

D. Vaudoux

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