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Méconnu, le risque électrique est cependant bien présent dans toutes les entreprises. L’INRS propose de nouvelles affiches sur le sujet. L’occasion de faire le point avec Sandrine Hardy, expert d’assistance et conseil à l’INRS.

Pourquoi l’INRS sort-il de nouveaux documents sur le risque électrique ?
Sandrine Hardy.
Car c’est un risque toujours présent dans les entreprises, et pas forcément bien appréhendé. Chaque année, on déplore, pour le régime général, une dizaine de décès dus au risque électrique. C’est un chiffre assez stable malheureusement et on se rend compte que les accidents arrivent souvent par méconnaissance de ce risque. Alors qu’il existe des habilitations, des modalités d’intervention et des équipements de protection individuelle qui sont là pour prévenir le risque.

Quelles sont les entreprises concernées par l’habilitation électrique ?
S. H.
C’est bien simple : toutes ! Que vous soyez dans l’industrie, dans le tertiaire, dans le BTP… Toutes ont des salariés susceptibles de travailler sur ou à proximité des installations électriques. Dans les entreprises, les personnes qui font des travaux électriques, mais aussi celles qui font des travaux non électriques dans un environnement électrique, doivent être habilitées… mais avec des niveaux d’habilitation différents (1).

Qu’est-ce que l’habilitation électrique ?
S. H.
C’est la reconnaissance, par l’employeur, de la capacité d’une personne placée sous son autorité à réaliser, en sécurité vis-à-vis du risque électrique, les tâches qui lui sont confiées. L’habilitation du travailleur n’est donc pas directement liée à sa position hiérarchique, ni à sa fonction.

Mais pour être habilitée, la personne doit suivre une formation ?
S. H.
Absolument. Une formation, puis une évaluation théorique et pratique. Mais c’est ensuite l’employeur qui l’habilite sur la base de l’avis donné à l’issue de sa formation. Il existe cependant un cas particulier, celui des travaux sous tension, où la formation est réalisée par un organisme agréé.

Les travaux sur véhicules électriques constituent-ils aussi une particularité ?
S. H.
En effet, pour ce type d’intervention, on se réfère à un autre document, la norme NF C 18-550. Celle-ci concerne les interventions sur les véhicules mais aussi sur les engins. L’habilitation est requise lorsque la personne intervient sur un véhicule ou un engin qui présente une pièce nue accessible, sous tension supérieure à 60 V en courant continu.

Comment se protéger efficacement du risque électrique ?
S. H.
C’est l’objet des six affiches (2) que nous diffusons :
• évaluer les risques avant d’agir ;
• consigner ;
• vérifier l’absence de tension, avec un vérificateur d’absence de tension et non un multimètre ;
• travailler avec de bons équipements : des gants adaptés à la tension, un écran facial (pour éviter les projections ou les coups d’arc), des vêtements de travail et des chaussures adaptées ;
• enfin, ne pas intervenir sans habilitation.

En complément, nous proposons des autocollants (3) destinés à être collés près des boîtiers ou des armoires électriques, l’un pour alerter sur l’habilitation, le second pour rappeler les étapes de consignation. 

(1). Voir la norme NF C 18-510.
(2). Disponibles auprès de l’INRS et des Carsat-CGSS-Cramif. Réf. AD 807, AD 808, AD 809, AD 810, AD 811 et AD 812.
(3). Également disponibles auprès de l’INRS et des Carsat-CGSS-Cramif. Réf. AK 813 et AK 814.

Propos recueillis par Delphine Vaudoux

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