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Une étude épidémiologique de la Fondation Pierre Deniker met en évidence des associations significatives entre facteurs de risques psychosociaux liés au travail et présence d’une détresse orientant vers un trouble mental.

© shocky-stock.adobe.com

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22% des Français actifs soit plus d’un sur cinq présentent une détresse orientant vers un trouble mental. Il s’agit des résultats d’une étude épidémiologique de la Fondation Pierre Deniker, réalisée en partenariat avec la fondation BTP + et présentée fin 2018 au Conseil économique, social et environnemental. Elle a porté sur un échantillon représentatif de 3 200 actifs. Il s’agit d’une des premières étude croisant, en France, l’évaluation d’une détresse orientant vers un trouble mental chez les actifs et leur exposition aux facteurs de risques psychosociaux liés au travail.

Pour le Dr Patrick Légeron, psychiatre et président du comité scientifique de l’étude, « on constate depuis plusieurs années une diminution globale des accidents du travail mais dans le même temps une progression constante des pathologies mentales liées au travail qui ne mobilise pas suffisamment ». D’après l’étude, la proportion des actifs présentant une détresse orientant vers un trouble mental est particulièrement importante chez les femmes (26 %), les personnes ayant des antécédents de chomage (24 %) ou encore souffrant d’une maladie chronique (37 %. Souvent, le facteur de risque psychosocial le plus fortement associé à cette détresse est le déséquilibre entre vie privée et vie professionnelle.

D’autres facteurs de risque varient suivant les profils. L’étude fait notamment ressortir, pour les salariés, l’importance d’avoir un travail valorisant, de la solidarité et d’une bonne communication et, pour les indépendants, le besoin d’être confiants en leur avenir professionnel. Chez les femmes, avoir un travail non valorisant et le harcèlement sont les facteurs de risques psychosociaux les plus associés à cette détresse orientant vers un trouble mental.

« De nombreuses catégories socioprofessionnelles sont touchées, reprend le Dr Patrick Légeron. Notre travail d’analyse scientifique doit désormais se poursuivre. Dans le contexte que nous connaissons de transformation du monde et des organisations du travail, il est urgent, sans rejeter ces évolutions, d’en apprécier l’impact sur la santé psychique. » Pour le Pr Raphaël Gaillard, président de la fondation, « cette étude doit être le prélude  de l’investigation des liens de causalité entre troubles mentaux et facteurs de risques psychosociaux. »

G.B.

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