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Santé publique France a récemment fait un point sur les études en cours destinées à étudier et améliorer la santé des agriculteurs.

© Gael Kerbaol /INRS

© Gael Kerbaol /INRS

Santé Publique France, l’agence nationale de santé publique, a pour mission de « protéger efficacement la santé des populations ». Cette mission qu’elle exerce depuis 2016 est avant tout tournée vers le grand public, mais par extension l’agence se préoccupe également de la santé des professionnels. Son action s’articule autour de trois axes majeurs, anticiper, comprendre, agir, et s’appuie notamment sur des travaux et des études ciblées dont certaines particulièrement tournées vers les agriculteurs.
 

  • Maladie de Parkinson. Depuis 2012, la maladie de Parkinson peut, sous certaines conditions, être reconnue comme maladie professionnelle chez les agriculteurs. Chaque année, environ 1 800 nouveaux cas sont déclarés chez les exploitants agricoles âgés de 55 ans et plus, ce qui correspond à une incidence de 13 % plus élevée que chez les personnes affiliées aux autres régimes d’assurance maladie. Des études complémentaires vont être lancées pour évaluer si des outils épidémiologiques comme les matrices cultures/expositions pourraient permettre d’identifier des substances associées à un risque augmenté de maladie de Parkinson chez les agriculteurs.
     
  • Pesticides. Pour repérer les nombreux pesticides auxquels sont exposés les agriculteurs, ainsi que l’évolution de leurs usages, Santé publique France a mis au point le programme Matphyto. Celui-ci développe des matrices visant à lister, pour chaque culture, l’ensemble des pesticides susceptibles d’avoir été utilisés. Chacun est accompagné de trois indices possibles d’exposition. L’objectif est de pouvoir calculer les prévalences d’exposition dans les professions agricoles.
     
  • Suicide. Les études le montrent : le décès par suicide est important chez les travailleurs du secteur agricole. Des travaux ont mis en évidence que ce risque est particulièrement élevé chez les 45-54 ans et chez ceux qui travaillent sur leur exploitation à titre individuel. Un dispositif d’écoute, Agri’écoute (numéro vert 09 69 39 29 19 accessible 24 h/24 et 7 j/7), a été mis en place en 2014 par la CCMSA. Cette dernière a fait appel à Santé publique France et aux associations SOS Amitié et SOS suicide Phénix pour la gestion de la plate-forme.
     
  • Le chlordécone. Utilisé de 1973 à 1993 comme insecticide dans la culture de la banane, considéré comme neurotoxique, reprotoxique, perturbateur endocrinien et classé agent possiblement cancérogène, le chlordécone constitue un sujet de préoccupation. Une cohorte de 15 000 chefs d’exploitation et salariés agricoles ayant travaillé pendant la période d’utilisation a ainsi été reconstituée en Guadeloupe et Martinique afin :
    • de retrouver les statuts vitaux et les causes de décès des sujets de la cohorte ;
    • de comparer la mortalité par cause de la cohorte à celle de la population générale ;
    • d’analyser la mortalité en fonction des postes de travail et de l’exposition au chlordécone ou à d’autres phytosanitaires.
       
  • Coset, pour Cohortes pour la surveillance de la santé et relation avec le travail. Son objectif : améliorer les connaissances sur l’état de santé et les risques professionnels en France. Elle prévoit notamment de suivre les participants pendant plusieurs années afin d’étudier l’évolution de l’état de santé en relation avec les facteurs professionnels sur le long terme. Par l’identification de situations à risque, les résultats aideront à mieux définir les priorités de prévention et contribueront à la mise en place de programmes dédiés. 

Delphine Vaudoux

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