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D’après la Cnam, les statistiques 2017 relatives aux accidents du travail et maladies professionnelles témoignent d’une sinistralité au plus bas. Néanmoins, les chiffres de l’intérim ou des services à la personne restent préoccupants, tout comme la progression de pathologies telles que les affections psychiques.

© Philippe Castano pour l’INRS

© Philippe Castano pour l’INRS

Avec une moyenne de 33,4 accidents du travail pour 1 000 salariés en 2017, la sinistralité en la matière est une nouvelle fois en baisse et atteint son niveau le plus bas depuis 70 ans, d’après les statistiques http://www.risquesprofessionnels.ameli.fr/statistiques-et-analyse/sinistralite-atmp/dossier/syntheses-et-analyses-statistiques-de-la-sinistralite-par-ctn.html de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). Elle était de 120 accidents pour 1 000 salariés dans les années 1950. « Sans nier le chemin parcouru, rapporté au nombre de salariés qui est aujourd’hui beaucoup plus élevé, cela n’équivaut qu’à une division par deux du nombre d’accidents avec arrêt », relativise Pascal Jacquetin, adjoint à la directrice des Risques professionnels de la Cnam et responsable de la Mission statistiques, qui évoque un « socle d’environ 600 000 accidents en dessous duquel il semble difficile de descendre ».

Au chapitre des bonnes nouvelles, la fréquence des accidents du travail dans le secteur du BTP, en baisse quasi continue depuis 20 ans, a diminué de plus de 3 % pour atteindre 56,8 accidents pour 1 000 salariés. Deux secteurs d’activité, en revanche, viennent contredire la dynamique. Il s’agit de l’intérim, tout d’abord, dont l’indice de fréquence s’élève à 53,6 contre 48,3 en 2016. Pour la Cnam, cette hausse de sinistralité pourrait être attribuée à la reprise économique que connaît cette activité depuis 2016. Préoccupant également, le secteur de l’aide et des soins à la personne a un indice de fréquence de 52,8, qui grimpe même à 97,2 pour les Ehpad et l’aide à domicile.

Envol des cancers hors amiante

En ce qui concerne les maladies professionnelles, la diminution globale se confirme avec une baisse de 0,5 % des nouveaux cas reconnus en 2017. Cette tendance est liée notamment à la baisse de 0,4 % des troubles musculosquelettiques (TMS) et de 5,9 % des cancers liés à l’amiante. « Plusieurs phénomènes se conjuguent pour expliquer la réduction du nombre de TMS reconnus depuis 2012. La modification du tableau 57 du régime général (tableau 57 a notamment pu avoir pour conséquence de rendre plus stricte la liste de travaux permettant de reconnaître les cas de maladie professionnelle. La conjoncture et les actions de prévention engagées par l’Assurance maladie-risques professionnels ont également très probablement joué un rôle », poursuit Pascal Jacquetin.

À contre-courant de la tendance générale, la reconnaissance de certaines pathologies s’envole : c’est le cas des cancers hors amiante (+ 12,2 %) – cette évolution consacre notamment une politique proactive de la branche depuis plusieurs années en termes de détection et d’aide de la reconnaissance des cancers de la vessie – et surtout des affections psychiques (+35 % avec 806 cas reconnus en 2017). La Cnam explique ce dernier point notamment par « un assouplissement réglementaire qui permet de soumettre plus de dossiers aux comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) et de prendre en compte davantage de cas ». Dernière donnée pour compléter le tableau, le risque d’accidents de trajet est pour sa part en hausse, avec 92 741 cas en 2017 (+4,3 %). Plus de la moitié sont liés liée au risque routier.

En parallèle du rapport, la Cnam souligne le bilan positif des programmes prioritaires de prévention vis-à-vis notamment des risques responsables d’une majorité d’accidents du travail et de maladies professionnelles : les TMS, les chutes de hauteur dans le BTP et les risques chimiques (produits cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques). Le déploiement de ces programmes de prévention sera poursuivi, avec une attention particulière accordée à la situation des TPE-PME. « Les actions doivent se poursuivre en inscrivant la prévention des accidents du travail et maladies professionnelles dans un enjeu de santé globale », souligne enfin Pascal Jacquetin, rappelant, à titre d’exemple, ce qui a été entrepris pour la récente campagne nationale pour la prévention des lombalgies.

LE CHIFFRE

632 918

accidents du travail ont été enregistrés pour l’année 2017. La tendance générale est à la baisse depuis 15 ans.

Propos recueillis par G.B.

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