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© Gaël Kerbaol/INRS

© Gaël Kerbaol/INRS

Bar à ongles, onglerie, institut de beauté, nail bar… De nombreuses enseignes consacrées au soin et à la beauté des pieds et des mains fleurissent depuis quelques années dans les villes. Profession : prothésiste ongulaire. Entre la pose et la dépose de vernis ou de faux ongles, la décoration de type « nail art », la manucure…, l’activité combine à la fois l’utilisation de nombreux produits chimiques, des gestes répétitifs, des postures de travail contraignantes ou encore l’usage d’outils vibrants. Les sources de risques professionnels ne manquent pas dans ce métier.

La configuration du secteur, avec de petites structures indépendantes employant parfois un ou deux salariés, dans des locaux dédiés mais aussi au domicile des clients, rend compliquée l’information et la sensibilisation à la préservation de la santé au travail. Les règles d’hygiène et de sécurité et la nécessité de la formation aux bonnes pratiques ont du mal à être entendues par les professionnels. Le travail de prévention reste pratiquement entièrement à faire.

Pour aider les professionnels du secteur dans cette démarche de protection des salariés, l’INRS et l’Assurance maladie-risques professionnels, en collaboration avec les organisations professionnelles, ont conçu différents outils. Le premier est destiné à aider les employeurs à identifier et évaluer les différents risques. Il s’agit d’un logiciel en ligne de la gamme Oira (1). Disponible en accès libre, il permet d’éditer le document unique et de définir un plan d’action.

En complément d’Oira, un dépliant et cinq fiches pratiques ont été édités pour apporter des solutions concrètes de prévention, comme l’achat de produits sans ingrédients dangereux et la mobilisation des employeurs auprès de leurs fournisseurs. L’idée étant de les amener à s’engager sur des produits plus sûrs. L’utilisation du captage à la source des substances volatiles et des poussières, ainsi que le port d’équipements de protection individuelle adaptés figurent parmi les autres sujets traités dans ces fiches pratiques.

Cette nouvelle offre d’information a été présentée aux professionnels par les experts de l’INRS lors du salon Beauty Forum, à Paris, au début du mois d’octobre dernier. Objectif : sensibiliser les employeurs sur les dangers que chaque arrêt de travail peut représenter pour la santé de leur entreprise. Et sur l’importance de protéger celle de leurs salariés, le plus souvent des femmes.

 (1). Oira est un outil informatique en accès libre en ligne pour réaliser l’évaluation des risques. Il existe déjà plusieurs versions pour différentes professions.
Ce logiciel est disponible sur www.inrs.fr

ZOOM

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande, pour le plomb et ses composés inorganiques, une nouvelle valeur limite biologique (VLB) de 180 µg/l pour le plomb sanguin (plombémie) basée sur les effets neurocomportementaux ainsi que des valeurs biologiques de référence (VBR) correspondant au 95e percentile des valeurs retrouvées en population générale de 85 µg/l pour les hommes, 60 µg/l pour les femmes et 45 µg/l pour les femmes susceptibles de procréer. Pour ces dernières, l’Anses recommande de ne pas dépasser la VBR de 45 µg/l, dans la mesure où il n’est pas possible d’identifier un seuil sans effet sur la reproduction.

En savoir plus : Valeurs biologiques d’exposition en milieu professionnel - Le plomb et ses composés inorganiques. Avis de l’Anses. Rapport d’expertise collective. Juillet 2019. à retrouver sur www.anses.fr

Propos recueillis par A. C.

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