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Depuis sa création en 2014, le dispositif d’écoute pour les agriculteurs en détresse, Agri’Écoute, enregistre un accroissement constant du nombre d’appelants. Pour faire face à cette situation, il renforce son expertise en 2018.

© Fabrice Dimier pour l’INRS

© Fabrice Dimier pour l’INRS

Un suicide en moyenne tous les deux jours. Un nombre de passages à l’acte multiplié par trois. Ces dernières années, la détresse du monde agricole a pris de plus en plus d’ampleur. Depuis sa mise en place en 2014, Agri’Écoute, le dispositif d’écoute téléphonique pour les agriculteurs en détresse créé par la MSA, a vu le nombre d’appels mensuels doubler d’une année sur l’autre, avec une moyenne de 300 appels par mois en 2017. Face à l’urgence illustrée par ces chiffres et afin de mieux protéger et accompagner ses adhérents en difficulté, la MSA va développer, en 2018, l’expertise d’Agri’Écoute pour faciliter la détection précoce des cas sensibles ou à risque.

En 2011, la prévention du suicide est déclarée grande cause nationale. La MSA met alors en place un plan qui s’appuie sur la mise en place d’Agri’Écoute. À ce service, viennent s’ajouter la création de cellules de prévention du suicide MSA auprès de 35 caisses pour détecter et suivre les agriculteurs en difficulté et contribuer à la réalisation d’études pour mieux appréhender la réalité du suicide dans le monde agricole. Pour renforcer l’efficience du dispositif d’écoute téléphonique, de nouveaux profils d’écoutants ont été recrutés et l’agriculteur aura la possibilité d’être accompagné à distance par le même psychologue clinicien notamment.

En parallèle, la MSA a lancé, du 19 mars au 30 avril dernier, une campagne de communication nationale. Principal objectif : informer l’entourage proche – personnel et professionnel – des adhérents potentiellement concernés, ses partenaires traditionnels et les relais d’opinion, de l’utilité et des nouveaux points forts d’Agri’Écoute. Car l’entourage – familial, amical, professionnel – joue souvent un rôle important dans la prévention du suicide : « Un changement d’attitude, une personne qui devient plus repliée sur elle-même, plus triste, qui refuse les sorties, qui ne veut plus voir personne, qui commence à perdre le sommeil sont des signes de dépression… Il faut aussi être vigilant pour les petites phrases comme “je ne sers plus à rien”, “si je n’étais plus là, ce serait plus simple pour vous”, “je n’en peux plus” », explique Véronique Maeght-Lenormand, médecin du travail et pilote du plan national de prévention du suicide.

Les psychologues cliniciens d’Agri’Écoute peuvent, dès à présent et en fonction des cas présentés, directement contacter les référents des 35 cellules de prévention MSA pour initier un accompagnement et un suivi des adhérents dans la durée. Chaque cellule de prévention étant composée de professionnels MSA : travailleurs sociaux, médecins du travail, professionnels de la santé sécurité au travail, des services de santé ou techniques (cotisations, prestations)…

LE CHIFFRE

300

appels par mois ont été traités en moyenne en 2017 par le dispositif d’écoute téléphonique Agri’écoute.

UN SECTEUR SINISTRÉ

Chaque année, le secteur agricole enregistre une moyenne de 156 suicides, essentiellement des hommes entre 45 et 64 ans. « Principalement dans les secteurs confrontés à des difficultés économiques, comme les filières de bovins lait ou bovins viande ces dernières années », précise le docteur Véronique Maeght-Lenormand.

Le numéro d’Agri’Écoute : 09 69 39 29 19.

Delphine Vaudoux

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