ACTUALITÉS

L’INRS organise, le 5 octobre prochain, une journée technique sur le transport routier de marchandises et la logistique, des secteurs très concurrentiels et en pleine évolution. L’occasion de faire le point avec Anne-Sophie Valladeau, expert d’assistance conseil transports, logistique et risques routiers, à l’INRS.

© Patrick Delapierre pour l’INRS

L’INRS organise le 5 octobre une journée technique sur le transport routier de marchandises (TRM) et la logistique. Pourquoi ?
Anne-Sophie Valladeau
. Il s’agit d’un secteur qui évolue rapidement et sur lequel nous travaillons depuis un certain temps. Aujourd’hui, toutes les marchandises livrées en France sont prises en charge par une succession d’entreprises de transport routier de marchandises et de logistique, qui forment un réseau. Cette organisation entraîne de nouveaux risques pour les salariés et impose des approches innovantes en termes de prévention des risques professionnels.

Cette journée sera pour l’INRS l’occasion de présenter des résultats récents d’études et de recherches, comme l’impact de l’organisation et des NTIC sur l’ensemble de la chaîne allant du fournisseur au client, ainsi que des témoignages d’entreprises et de préventeurs. Ceux-ci permettront de valoriser des outils et des actions concrètes de prévention menées sur le terrain avec différents partenaires tels que les Carsat, l’OPCA Transport et Services, l’AFT (NDLR. AFT : Association pour le développement de la formation professionnelle dans le transport), les fédédations professionnelles et l’Éducation nationale.

Quels sont les principaux risques professionnels associés à ces activités ?
A.-S. V
. Il est important de différencier le transport de la logistique. Dans le transport, les risques sont multiples et souvent liés aux activités de chargement-déchargement de marchandises, aux montées et descentes des véhicules ainsi qu’aux interventions qui ont lieu chez les chargeurs sur le véhicule à l’arrêt. Il s’agit des manutentions manuelles, des chutes de hauteur et de plain-pied… En logistique, selon les cas, on sera confronté aux risques liés aux manutentions manuelles, aux risques mécaniques, mais aussi à la circulation, au travail en horaires atypiques, au froid... Que ce soit dans le transport ou dans la logistique, les risques psychosociaux liés à l’organisation et aux NTIC sont présents à tous les niveaux des entreprises.

Combien de personnes sont concernées et quels sont les chiffres de la sinistralité ?
A.-S. V.
  Il y a, en France, 338 000 personnes qui travaillent dans le transport routier de marchandises et 43 000 dans la logistique. Dans le TRM, on enregistre plus de 25 000 accidents du travail et plus de 500 maladies professionnelles chaque année. Pour la logistique, les chiffres sont respectivement de 3 000 et 76. À noter que pour le TRM, 9 accidents sur 10 ont lieu à l’arrêt, le plus souvent chez les chargeurs.

Comment les risques professionnels peuvent-ils être mieux pris en compte ?
A.-S. V.
Dans ce secteur, comme partout, le point de départ de la prévention réside dans l’évaluation des risques. Ensuite, force est de constater que le matériel roulant, plus précisément les tracteurs, est renouvelé en moyenne tous les quatre-cinq ans (dix-douze ans pour les remorques). À l’occasion de ces renouvellements, le parc de matériel bénéficie des nombreuses avancées technologiques. En fait, les avancées que l’on voit sur les voitures  particulières bénéficient aussi au TRM. Dans les entrepôts, on observe de plus en plus de filmeuses automatiques ou de chariots automoteurs à suspension qui permettent de réduire les vibrations. Ces éléments techniques s’ajoutent aux formations du personnel, ou encore aux réflexions sur les différents types d’organisation du travail, notamment en réseau, qui peuvent impacter chaque acteur de la chaîne.

Comment et où peut-on s’informer sur ce sujet ?
A.-S. V.
Le site internet de l’INRS (www.inrs.fr) propose des brochures utiles sur le sujet, et un espace sur les métiers du TRM. L’institut vient également de réaliser des affiches de sensibilisation (réf. : AD 816 et AD 817) ainsi qu’un dépliant destiné aux conducteurs de poids lourds (Transporteur, entreprise d’accueil. Agir ensemble. Réf : ED 6294). Certaines Carsat, comme celles de Rhône-Alpes, du Sud-Est, du Centre-Ouest par exemple, présentent également des pages dédiées sur leur site internet.

LE CHIFFRE

9

accidents sur 10 ont lieu à l’arrêt dans le transport routier de marchandises, le plus souvent chez les chargeurs.

Propos recueillis par Delphine Vaudoux

Haut de page