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L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de publier les résultats d’une campagne de mesures d’agents biologiques dans l’air des égouts parisiens, réalisée par la Caisse régionale d’assurance maladie d’Ile-de-France (Cramif). Ils montrent des niveaux non satisfaisants d’exposition lors de certaines tâches. L’Agence recommande une série de mesures techniques et organisationnelles afin de réduire l’exposition des travailleurs.

© Gaël Kerbaol / INRS

© Gaël Kerbaol / INRS

Le réseau de collecte dans lequel travaillent les égoutiers parisiens est un milieu particulièrement insalubre. Les conclusions de l’avis récemment publié par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) sont claires. Au cours de leur activité professionnelle, ces travailleurs sont en effet exposés à de nombreux agents chimiques et biologiques présents dans l’air ou dans l’eau, par inhalation de gaz, de vapeurs ou d’aérosols, par contact cutané ou encore par ingestion. L’Anses a mené une expertise à partir des résultats d’une campagne de mesures de polluants biologiques dans l’air des égouts de la capitale, réalisée par le laboratoire des biocontaminants de la Cramif.

Ces mesures portaient sur l’exposition des égoutiers à trois familles d’agents biologiques – endotoxines, bactéries et moisi-ssures aéroportées – lors de différentes activités de collecte d’informations, de nettoyage à haute pression (HP), de curage et d’extraction. Elles révèlent des concentrations dans l’air des égouts très souvent non satisfaisantes pour les endotoxines, les bactéries et moisissures, et parfois préoccupantes pour les moisissures et bactéries. Certaines tâches apparaissent particulièrement exposantes, notamment les travaux d’extraction de bassin de dessablement ainsi que le nettoyage HP.

Ces résultats vont dans le même sens que ceux de la campagne de mesures exploratoires de certains paramètres chimiques réalisée par le laboratoire central de la préfecture de police. Ceux-ci mettaient en évidence des concentrations en polluants parfois élevées pour les mêmes tâches. De tels résultats impliquent, pour les auteurs du rapport que « les moyens de protection mis à la disposition des égoutiers pour des tâches particulièrement exposantes telles que le nettoyage HP doivent absolument être utilisés ».

Afin de réduire l’exposition des travailleurs aux endotoxines, bactéries et moisissures, l’Agence préconise en premier lieu la mise en place de mesures techniques ciblant une diminution des concentrations de ces agents  biologiques dans l’air des égouts, notamment la ventilation avant la descente dans le réseau. « Il est nécessaire que les travailleurs au contact des eaux usées puissent a minima, avant toute descente dans le réseau, ventiler celui-ci de façon naturelle, soulignent les auteurs. Pour les tâches réalisées dans des ouvrages fixes, la mise en œuvre d’un dispositif de ventilation mécanique par soufflage d’air neuf est recommandée. Des éléments structuraux relatifs à la ventilation doivent être intégrés dans les plans de prévention. » En termes d’organisation, l’Anses recommande la réduction de la coactivité, spécialement quand celle-ci expose des salariés à des  activités polluantes réalisées par d’autres équipes, l’augmentation de la fréquence du curage, qui devrait permettre d’abaisser les niveaux en microorganismes et en endotoxines –, la rotation des équipes .

LE CHIFFRE

3 catégories d’agents biologiques (endotoxines, bactéries et moisi-ssures aéroportées) ont été mesurées par la Cramif dans l’air des égouts parisiens.

Katia Delaval

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