DOSSIER

La Mutualité Française limousine gère 86 structures de soins et d’accompagnement mutualistes. Depuis deux ans, Guillaume Roumiguier, chargé de prévention sécurité, coordonne les actions de prévention et d’amélioration des conditions de travail en lien avec le CHSCT. Rencontre avec Rémi Papon, opticien et secrétaire adjoint de l’instance.

Quelle politique de prévention la Mutualité française limousine a-t-elle mise en place pour permettre au CHSCT de mener à bien ses missions ?
Rémi Papon, opticien, secrétaire adjoint du CHSCT. La Mutualité française limousine propose une offre globale de santé (optique, audition, dentaire, hébergement, hospitalier, personnes âgées, enfance, laboratoire de biologie médicale) avec 86 établissements et plus de 1 000 salariés en Corrèze, Haute-Vienne et Creuse. Il y a un an, une nouvelle direction générale est arrivée avec une vision ambitieuse pour le CHSCT. Il fallait instaurer une culture de prévention, créer un élan, se coordonner et se structurer. C’est en ce sens que le poste de chargé de prévention sécurité, souhaité par la Carsat Centre-Ouest et l’inspection du travail, et occupé par Guillaume Roumiguier, a été créé.

Dès 2016, le CHSCT a été impliqué dans l’élaboration des documents uniques d’évaluation des risques (DUER) de tous les établissements. Comment vous y êtes-vous pris ?
Guillaume Roumiguier,
chargé de prévention sécurité. Je me suis intéressé aux actions à mener en lien avec le CHSCT. Parmi les objectifs, il y avait l’élaboration de l’ensemble des DUER, en collaboration avec la responsable juridique et social. Les membres du CHSCT sont allés dans chaque structure rencontrer les responsables et les salariés et observer les conditions de travail, en vue de la mise en place d’actions correctives ou préventives et d’un suivi. Nous souhaitions impliquer les établissements dans la démarche, avec à terme l’idée de les rendre autonomes, en formant des relais en interne. Seul, on va vite. Ensemble, on va plus loin. Pour cela, il a fallu se faire connaître. Un article présentant l’instance, son rôle et ses missions a été publié dans notre revue interne.

La Carsat a encouragé le CHSCT à s’investir dans l’analyse des accidents du travail (AT)…
G. R.
Après ma formation sur l’analyse des AT par l’arbre des causes, dispensée par la Carsat, j’ai formé les membres du CHSCT à travailler sur les faits, sans jugement. Ils rédigent un rapport transmis aux différentes directions, à la Carsat, au médecin et à l’inspecteur du travail. Les établissements reviennent vers nous pour discuter de la faisabilité des préconisations et de leur mise en œuvre. Récemment, une collègue en Ehpad est tombée d’une chaise lors d’une opération d’entretien. L’analyse, avec elle et son équipe, a mis en évidence de nombreuses situations de travail en hauteur. Le CHSCT a proposé la mise à disposition d’un manche télescopique sur les chariots de ménage et d’un escabeau sécurisé à chaque étage. Le suivi de l’action montre que les deux solutions sont complémentaires et utilisées.

L’éparpillement des différentes structures n’est-il pas un handicap pour créer du lien ?
R. P.
Je pense sincèrement que nous ne serions pas plus efficaces s’il y avait un CHSCT par branche. Quelques heures de délégation supplémentaires seraient en revanche utiles. On a 50 AT par an. Une analyse d’AT, c’est environ 4 heures. En cas d’éloignement de plus de 50 km, le déplacement n’est pas compté dans les heures de délégation. Nous avons également l’accord de la direction pour réaliser les DUER en dehors de ces heures.

REPÈRES

Le CHSCT de la Mutualité Française Limousine compte six membres ayant chacun 15 heures de délégation par mois. Trois d’entre eux travaillent en Ehpad, un au Centre de l’obésité Bernard-Descottes, un dans le domaine de l’optique et le dernier est issu des services techniques.

Propos recueillis par G. B.

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