DOSSIER

Avec plus de 44 000 collaborateurs et 180 implantations en France, le groupe Onet est un acteur important du secteur de la propreté. Annabelle Berenguer, directrice qualité, sécurité et environnement (QSE) du réseau services Onet, évoque la politique déployée en santé et sécurité.

En quoi consiste la démarche Piloter Onet en prévention (Pop), lancée en 2015 ?
Annabelle Berenguer. Cette initiative a vocation à installer durablement une culture santé et sécurité́ au sein du groupe. Nous avons créé un rendez-vous annuel et, pour l’édition 2019, proposé aux collaborateurs un concours d’affiches. Plus de 200 projets nous sont parvenus et les trois meilleurs seront récompensés. Les collaborateurs à l’origine de la démarche participeront à un escape game sur la prévention, construit à partir d’un scénario adapté à nos métiers. Plus largement, les douze meilleurs projets seront utilisés lors d’actions de communication afin de valoriser le travail des collaborateurs et leurs idées.

Par quels autres moyens faites-vous vivre la prévention au quotidien ?
A. B.  Nous pouvons compter sur un engagement fort de la direction. Onet s’est donné l’ambition de réduire significativement le taux de fréquence, soit le nombre d’accidents de travail avec arrêt par million d’heures travaillées. Nous avons certifié une quarantaine d’agences selon le référentiel Mase (Manuel d’amélioration sécurité des entreprises), qui repose sur la mise en place d’une organisation visant à prévenir l’apparition des accidents et situations dangereuses. Cela passe par des causeries, des flash infos, l’envoi de documents sur la santé et la sécurité avec le bulletin de paie. Dans nos métiers, le responsable de secteur n’est pas toujours à proximité du collaborateur qui réalise la prestation... Nous avons instauré cette année des entretiens de retour après arrêt de travail pour que le salarié fasse le point avec son directeur d’agence. Des visites comportementales de sécurité permettent également à un encadrant d’observer le collaborateur sur le terrain. 4 500 ont ainsi été conduites en 2019, avec à l’issue un temps d’échange sur les points positifs et les situations à risque détectées. L’idée est de créer du lien et surtout pas de sanctionner. Chaque visite donne lieu à un plan d’actions. Nous déployons également les fiches alertes, grâce auxquelles les collaborateurs peuvent signaler d’éventuels dysfonctionnements auprès de leur encadrement ou de la structure QSE de l’agence.

REPÈRES

Onet Propreté et services dispose de plus d’une centaine de collaborateurs QSE répartis sur le réseau, à la direction centrale ou en régions ainsi que sur les sites pour lesquels sont réalisées des prestations spécifiques : chantiers ferroviaires, milieux industriels sensibles, entreprises agroalimentaires… 

Vous menez également des actions plus larges, vis-à-vis de risques majeurs…
A. B.
 Oui, avec le Fare Propreté (NDLR : Le Fare Propreté est le fonds d’innovation qui a pour objectif d’accompagner et de soutenir le développement économique et social des entreprises de propreté) et l’Institut national de l’hygiène et du nettoyage industriel, nous avons formé des animateurs de prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) à l’analyse ergonomique des postes. Ils réalisent au moins deux analyses de postes par an. Nous échangeons avec les Carsat, dans le cadre du programme national de prévention TMS Pros. Des équipements (balais télescopiques légers, sabres sur perche pour le dessus des armoires…) sont régulièrement testés par nos équipes. Il y a deux ans, nous avons lancé des produits biotechnologiques associés à une solution logistique. Des centrales de dilution sont implantées dans nos agences ou chez nos clients. Ainsi, nous avons défini un standard avec des produits écoresponsables, sans danger, sans odeur. Début 2020, nous sommes à 75 % de déploiement chez nos clients et visons les 95 %, en réfléchissant à des solutions adaptées pour le secteur médical ou certaines industries.Enfin, nous encourageons les interventions de nos agents en journée. Ce changement de modèle renforce l’efficacité et permet de repositionner la prestation. Celle-ci s'accompagne de l’utilisation d’outils connectés (détecteurs de consommables, sanitaires connectés qui laissent au client le soin de signaler un besoin d’intervention…). Les flux sont optimisés et le collaborateur prépare son chariot en fonction du besoin, sans charge inutile. Tout le monde y gagne. 

FORMATION

Onet learn est une application déployée auprès des collaborateurs. Des vidéos courtes visant à les accompagner dès leur arrivée dans l’entreprise sont mises à disposition. Il s’agit de parcours de formation animés, sans paroles, utilisant l’image pour promouvoir les bonnes pratiques. 156 nationalités sont représentées au sein du groupe. Plus d’une centaine de vidéos sont aujourd’hui disponibles, les encadrants étant chargés de relayer l’information auprès des agents afin d’ouvrir le dialogue.

UN STANDARD POUR L’ENTRETIEN

Des armoires fermées « Dilumob » contiennent les produits d’entretien concentrés et la station de dilution. Cette solution, basée sur l’utilisation de produits qui préservent la santé des occupants et des agents, a été pensée pour simplifier le quotidien des chefs d’équipes. Ceux-ci réalisent les dilutions adaptées aux besoins du site et mettent en place les flacons réutilisables sur les chariots. Ainsi, l’entreprise a également réduit de 30 % la consommation de plastiques liée à l’activité. Sur les cinq prochaines années, 2 millions de bouteilles seront économisées.

Grégory Brasseur

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