DOSSIER

Confronté aux risques liés aux poussières de farine, Cérélia, producteur de pâtes alimentaires, limite l’exposition des salariés de son site liévinois grâce, notamment, à des dispositifs d’aspiration à la source.

Le remplissage des bacs à ingrédients pulvérulents (sucre, levure, acide ascorbique…) se fait devant un dosseret aspirant, tout comme la pesée de ces éléments.

Le remplissage des bacs à ingrédients pulvérulents (sucre, levure, acide ascorbique…) se fait devant un dosseret aspirant, tout comme la pesée de ces éléments.

Cérélia est le leader européen des pâtes ménagères réfrigérées. L’entreprise possède quatre usines en France dont celle de Liévin, dans le Pas-de-Calais, où sont produites chaque année plus de 40 000tonnes de pâtes à pizza et à viennoiseries. La manufacture nordiste s’étend sur 18 000 m2. Elle possède six lignes de production sur lesquelles travaillent 230 salariés dont 109 intérimaires sur les douze derniers mois.

Dans ce secteur d’activité, l'exposition à la poussière est un risque majeur. Il est principalement dû à la farine qui peut être à l’origine de l’asthme du boulanger. « Ce type de maladie n’est pas apparu dans nos effectifs liévinois, raconte Pierre Fouchard, attaché de sécurité Cérélia. En revanche, sur notre site de Hoerdt, en Alsace, deux de nos collègues doivent porter des masques à ventilation assistée pour pouvoir conserver leur poste. »

Sur les lignes de production, le fleurage, qui consiste à saupoudrer les produits de farine, est assuré par des appareils appelés des farineurs. Ceux-ci sont tous alimentés manuellement, hormis deux des quatre mécanismes qui équipent la ligne de pâtes à pizza et à viennoiserie en boîte. Ces derniers, qui voient passer 80 % de la tonne de farine utilisée pour cette tâche en 8 heures, ont été équipés de dispositifs d’alimentation par le vide reliés au circuit de distribution de la farine, afin de mettre fin aux nuages au moment du remplissage. Un procédé qui a également fortement diminué les gestes contraignants.

Des résultats encourageants

Plus loin sur la ligne, l’excédent de fleurage doit être retiré avant l’application de la matière grasse qui permettra aux consommateurs de dérouler leurs pâtes sans qu’elles collent. « Des soufflettes remettent la poussière en suspension pour qu’elle soit évacuée par une bouche aspirante et récupérée pour être réintroduite dans les farineurs, indique David Lefebvre, responsable unité autonome de production. Pour éviter toute propagation lors de cette étape, ce mécanisme est caréné. »

L’efficacité des systèmes d’aspiration installés sur la plus ancienne ligne a mené Cérélia à équiper de dispositifs similaires, dès leur conception, les quatre nouvelles lignes de production mises en service entre 2014 et 2018 dans l’usine de Liévin. Des dispositifs de captage à la source équipent ainsi les postes de pesées et les pétrins. En revanche, l’option farineur à remplissage par le vide n’a pas été retenue. « Il y en a une douzaine par ligne. Un nombre qui complexifiait l’installation et représentait un coût très élevé », explique Pierre Fouchard. Pour autant, les mesures d’empoussièrement qui ont été réalisées montrent la performance des solutions adoptées et viennent conforter ce choix. Cérélia en poursuivra donc le déploiement sur d’autres sites, dont le dernier en date en Italie.

CIRCUIT FERMÉ

La distribution de la farine depuis les camions de livraison jusque dans les pétrins se déroule en circuit fermé, empêchant de fait les expositions à la poussière. Cependant, la trémie tampon, dans laquelle arrive la matière première en provenance des silos de stockage, était équipée, pour prévenir le risque d’explosion, d’une chaussette de décompression en tissu. Celle-ci avait le désavantage de se dégrader et de permettre l’émission de farine dans l’atmosphère. Il fallait donc la remplacer régulièrement, ce qui, outre les fuites, faisait apparaître des risques de chutes de hauteur. Aujourd’hui c’est un filtre à décolmatage certifié Atex qui a remplacé le tube de tissu. Les petites trémies qui font tampon au-dessus de chaque pétrin vont prochainement évoluer de la même manière.

Damien Larroque

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