DOSSIER

Plus important pôle de radiologie médicale en France, l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière est gros utilisateur de rayonnements ionisants. L’exposition des salariés chargés des manipulations autour de cette activité y est largement prise en compte, notamment au travers de formations permanentes.

Radiographie, scanographie (scanner), endoscopie, électrocardiogramme, électro-encéphalogramme, imagerie par résonnance magnétique… Les manipulateurs en électroradiologie médicale (MERM) procèdent à des explorations fonctionnelles multiples à l’aide d’appareils de haute technologie. Sous la responsabilité et la surveillance d’un médecin, ils sont habilités à accomplir différents actes : réglage et déclenchement des appareils, recueil et traitement de l’image ou du signal, reconstitution, préparation et injection de substances nécessaires à l’obtention d’une image (produits de contraste…). Ils participent également à certains traitements en médecine nucléaire.

L’hôpital de la Pitié-Salpêtrière est le plus gros pôle de radiologie médicale en France. Le parc de machines est très important : 3 accélérateurs, 1 gamma-knife, 3 projecteurs de sources, 100 générateurs de rayonnement X. Il compte des sources scellées et des sources non scellées à visées diagnostique et thérapeutique en médecine nucléaire. Un des risques professionnels de cette activité est l’exposition aux rayonnements ionisants.

CONTRAINTES PHYSIQUES

Le métier de manipulateur en électroradiologie médicale est physiquement sollicitant : mobilisation de patients sur les tables d’examen, travail dans l’obscurité, travail sur écran avec contraintes visuelles... Les questions d’ergonomie des postes et de prévention des troubles musculosquelettiques sont très présentes dans l’activité. En contact direct avec les patients, les praticiens ont par ailleurs un rôle important pour rassurer ces derniers et les mettre à l’aise avant des interventions qui sont souvent anxiogènes.

En moyenne, autour de 900 personnes, tous métiers confondus, sont soumises à un suivi dosimétrique à la Pitié-Salpêtrière. Au quotidien, toutes portent un dosimètre passif. Les personnes accédant en zone contrôlée portent aussi un dosimètre opérationnel. Des fiches individuelles d’exposition permettent le suivi de chaque agent. « Les résultats parviennent au médecin du travail, explique Stéphane Payen, personne compétente en radioprotection (PCR) au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière. En cas d’incident avéré, la PCR fournit son rapport d’estimation de dose reçue et la prise en charge éventuelle est engagée par le médecin du travail. Mais ce n’est jamais arrivé. On dénombre autour de dix dysfonctionnements par an. Tous font l’objet d’une enquête. Ils résultent le plus souvent de mauvaises pratiques et, de façon anecdotique, de problèmes d’intégration de dose des dosimètres opérationnels. »
 

Formations internes

Pour maîtriser la problématique, l’établissement mise fortement sur les formations en interne, animées par la PCR. « Tout nouvel agent arrivant dans l’établissement et susceptible d’être soumis aux rayonnements suit une formation initiale, remarque Stéphane Payen, qu’il soit titulaire, en CDD, stagiaire… Les formations, élaborées en interne, sont adaptées au personnel en fonction des services et des métiers. En cardiologie, par exemple, le contenu de la formation ne sera pas le même pour le corps médical, le manipulateur, l’infirmière ou l’agent hospitalier. » En général, la présentation théorique dure 30 minutes suivie d’un questionnaire à choix multiples pour évaluer l’acquisition des connaissances.

Les formations périodiques de recyclage sont d’autre part obligatoires tous les trois ans, soit en moyenne 300 personnes à former chaque année. « Les contenus doivent être renouvelés et remis à jour sans cesse, souligne Stéphane Payen. La prévention consiste en des rappels réguliers des bonnes pratiques, car des mauvaises habitudes peuvent vite être prises. » Le risque est parfois banalisé, il peut y avoir une perte de la notion de risque. D’où l’intérêt, par ces formations, de maintenir la sensibilisation et la vigilance.

MANIPULATEUR EN RADIOLOGIE

Le métier s’exerce au sein d’établissements de santé, de centres de lutte contre le cancer ou de cabinets privés. Il consiste à accueillir les patients, les installer et les positionner correctement, réaliser les examens, assurer l’hygiène des locaux, entretenir le matériel et assurer le contrôle qualité, assurer les tâches de manutention. Le risque biologique, via les accidents d’exposition au sang, est également présent.

Céline Ravallec

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