DOSSIER

Parmi les professions d’auxiliaires médicaux, le métier d’ambulancier est fortement accidentogène. Les risques sont multiples, les conditions de travail dures et la prise de conscience encore récente.

La sinistralité est forte chez les ambulanciers.

La sinistralité est forte chez les ambulanciers.

Risque biologique, lombalgies, chutes de plain-pied ou avec dénivellation, risque routier, contraintes posturales, risques psycho-sociaux… Le métier d’ambulancier est exposé à de multiples risques professionnels. Les sollicitations physiques s’avèrent importantes et répétées. Les conditions d’exercice jouent également beaucoup sur la santé des ambulanciers : amplitudes horaires importantes, travail de nuit et de week-end, gardes ou astreintes, interventions souvent dans l’urgence, transport de blessés parfois dans un état très grave. Des éléments qui peuvent engendrer un fort stress. Le métier est pourtant encore mal connu en matière de risques professionnels. Les entreprises sont le plus souvent de petite taille : en 2012, près de 6 000 établissements privés employaient 52 000 salariés. 2 826 accidents du travail, dont quatre décès, ont été recensés sur cette même année, engendrant 226 351 journées perdues. Les accidents surviennent le plus souvent lors de la manipulation des personnes ou sont causés par des chutes de plain-pied. Principales lésions: commotions et traumatismes internes, lumbagos.

« Nous nous sommes intéressés à la profession car les statistiques montraient une forte sinistralité, explique Alain Plano, contrôleur de sécurité à la Carsat Midi-Pyrénées, qui a réalisé en 2013 une étude sur ce métier dans la région. On constate également un turn-over très important dans la profession, où la durée de vie active moyenne est de cinq ans! La principale problématique rencontrée est liée à la manutention des personnes, à l’origine de nombreuses lombalgies, et aux contraintes posturales.

Aménager les outils

Une action expérimentale de prévention avec des entreprises d’ambulances au Havre et à Caen et des fournisseurs de matériels est aussi en cours dans le cadre d’un contrat de prévention avec la Carsat Normandie. « C’est un métier très accidentogène qui présente un risque de désinsertion professionnelle à court terme », complète Philippe Lesné, contrôleur de sécurité à la Carsat Normandie. Des solutions matérielles existent, ou se développent pour faciliter le quotidien des ambulanciers en les assistant notamment dans les manutentions des patients.

« Il faut diminuer les manutentions et en améliorer les conditions, en utilisant des tapis de transfert, en modernisant les brancards et leur interface avec le véhicule », poursuit Philippe Lesné. Lorsque les personnes transportées sont à mobilité réduite, c’est notamment au moment de l’installation de celles-ci dans le véhicule et de leur sortie du véhicule que les risques de traumatisme chez l’ambulancier sont les plus importants. « Une des pistes est de développer l’acquisition de sièges passagers pivotants pour les VSL, ou de chaises portoirs électriques », estime-t-il encore

CHIFFRES

• 100 km, c’est le rayon moyen sur lequel un ambulancier se déplace. Il peut être amené à se déplacer sur toute la France, voire à l’étranger.
• 70 % des trajets sont organisés à l’avance. Les 30 % restants sont des transports « non prévus » tels que des rapatriements sanitaires, et nécessitant parfois d'agir dans l’urgence.
• 5 types de véhicules sont adaptés au transport sanitaire : ambulance de service sanitaire ; ambulance routière conçue et équipée pour le transport, les premiers soins et la surveillance de patients ; unité mobile hospitalière (pompiers et Smur) ; ambulance routière conçue et équipée pour le transport sanitaire de patients ; véhicule sanitaire léger destiné au transport assis de personnes.

Céline Ravallec

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