DOSSIER

Le bon déroulement des chantiers en cours et à venir n’est pas la seule préoccupation en matière de santé et sécurité dans le cadre du Grand Paris Express. L’exploitation et l’entretien des futurs bâtiments doivent être pris en compte le plus en amont possible, pour assurer des conditions de travail en sécurité.

La future gare de Noisy-Champs, en Seine-Saint-Denis, au croisement des lignes 11, 15, 16 du métro et du RER A, aura fière allure. L’édifice, majoritairement enterré, sera abrité sous une grande toiture en bois et en verre en double hélice, à l’image d’une pagode. Il abritera également des commerces. Organisées sous les voies existantes du RER A, la ligne 15 circulera à 13,5 m de profondeur, et la ligne 16 à 21 m. Comme tout projet architectural, ce bâtiment, dont la livraison est prévue pour 2025, a fait l’objet de questionnements sur la sécurité en exploitation, en particulier pour les interventions ultérieures sur ouvrage.

Certains éléments avaient été bien pensés dès le départ, tels l’accès de plain-pied aux locaux techniques ou l’installation, à l’extrémité des quais, d’ascenseurs dédiés aux équipes de maintenance. « En 2015, sur l’avant-projet, nous avons fait des remarques, explique Michel Daviot, coordonnateur sécurité et protection de la santé (CSPS) chez Becs, entreprise qui intervient sur le chantier. Le rôle d’un CSPS est de suggérer des orientations, puis le maître d’ouvrage tranche. » A ainsi été identifié un risque de circulation en toiture, sur le dôme, pour les interventions de maintenance. « Une ligne de vie était prévue pour les opérations de remplacement des LED, poursuit-il. Cette solution n’étant pas satisfaisante, nous avons obtenu des garde-corps, en nous appuyant sur la brochure DTE 278. »

Les prises de décision sont longues, les réponses tardent parfois, mais les choses avancent.

Le nettoyage des surfaces vitrées, prévu pour être effectué avec des perches de 12 m de long, a été repensé avec l’emploi de plates-formes élévatrices mobiles de personnes, complétées par des passerelles avec garde-corps. « Dès le départ, le CSPS a fait des demandes dans le sens de la prévention, souligne Corinne Henriot-Laplanche, contrôleur de sécurité à l’antenne 93 de la Cramif. Nous avons pu identifier ensemble bien en amont plusieurs points d’amélioration. »

Parmi les autres ajustements obtenus  : un escalier sera construit pour accéder au dôme, alors qu’initialement l’accès était prévu par une échelle droite ; des accès spécifiques, suffisamment larges et sur un sol plat pour permettre la circulation de nacelles, ont été ajoutés. L’accès à certaines installations techniques au-dessus des coques de commerces a également été revu. « Nous avons essayé de construire des réunions types sur le projet de la gare de Noisy-Champs, pour faire en sorte que les préconisations soient reprises par les maîtres d’œuvre sur les autres projets de gares », poursuit Corinne Henriot-Laplanche.

Néanmoins, certains sujets, telles les conditions d’accès à la gloriette (l’extrémité supérieure du dôme), restent à trancher. « Le Grand Paris Express implique un grand nombre d’acteurs au niveau de la maîtrise d’ouvrage et de la maîtrise d’œuvre, observe Michel Daviot. C’est l’une des difficultés dans ce projet : les prises de décision sont longues, les réponses tardent parfois, mais les choses avancent néanmoins. »  

UN DES PLUS VASTES CHANTIERS

Un fois construite, la gare Noisy-Champs du Grand Paris Express, occupera un espace en surface de plus de 12 300 m 2. S’étendant sur 1,6 km de long, c’est l’un des plus vastes chantiers du GPE. À la fois terminus de la ligne 11, de la ligne 15 sud et de la ligne 16, et en interconnexion avec le RER A, elle devra accueillir jusqu’à 150 000 voyageurs quotidiennement. 95 % d’entre eux utiliseront les correspondances sans sortir de la gare. L’avant-gare, dont la construction a débuté en 2017, est un ouvrage qui permettra la régulation du trafic et le retournement des trains de la ligne 16.
Une gare routière à l’extérieur assurera les correspondances avec une dizaine de lignes de bus. 

Céline Ravallec

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