DOSSIER

En 2010, à l’occasion de la restauration de ses 298 chambres, l’hôtel Ambassador, situé dans le IXe arrondissement de Paris, intégrait la prévention des risques professionnels à la conception de ses locaux. Mais c’est bien sa participation au programme TMS Pros qui a éveillé une volonté de mettre en place une véritable culture de prévention.

Les TMS sont des maladies multifactorielles à composante professionnelle. Les facteurs à l’origine des TMS sont à la fois d’origines biomécaniques et liés aux contraintes psychosociales et organisationnelles.

Les TMS sont des maladies multifactorielles à composante professionnelle. Les facteurs à l’origine des TMS sont à la fois d’origines biomécaniques et liés aux contraintes psychosociales et organisationnelles.

C’est sur le boulevard Haussmann, à deux pas de l’Opéra Garnier et des grands magasins parisiens, que l’hôtel Paris Marriott Opéra Ambassador, ouvert en 1929, expose sa façade en pierre de taille. Sélectionné pour participer au programme TMS Pros, l’établissement est un 4 étoiles où tout se doit d’être parfait. Les salariés sont donc tenus d’être réactifs et efficaces. Une réalité qui saute aux yeux lorsque l’on découvre l’envers du décor, dans les parties réservées au personnel qui bruissent d’activité.

« En suivant les salariés pendant leur travail, on se rend compte des difficultés auxquelles ils peuvent être confrontés, remarque Gersende Delcourt, directeur des ressources humaines et membre du groupe de pilotage TMS Pros. De nos échanges sont ressorties différentes pistes qui, pour certaines, ont déjà donné lieu à des changements dans la pratique des métiers. »

Nadia Kassasse, chef lingère, est en charge du linge de l’hôtel (uniformes, ameublement…) et, en période de forte activité, d’une partie du linge clients (serviettes, peignoirs…). Son poste a été l’un des premiers à bénéficier d’évolutions. Pour éviter qu’elle se penche trop, la table de travail principale a été surélevée et un chariot à fond constant fait remonter le linge au fur et à mesure qu’elle le vide. De plus, un chariot roulant est à l’étude pour transporter la lessive, conditionnée en paquets de 30 kg.

Réunions et bonnes pratiques

« Je n’avais rien demandé. Pour moi, les postures contraignantes ou le port de charge faisaient partie du métier, se souvient Nadia Kassasse. Je me rends compte maintenant des bénéfices pour mon dos que m’apportent ces évolutions. » Selon Annabelle Warnier, assistante RH et référente TMS Pros, « cette prise de conscience des salariés est primordiale pour l’instauration d’une culture de prévention. La nomination de trois animateurs en prévention y participe. Ils seront en mesure, après avoir suivi une formation, de faire le lien entre les équipes et la direction et de faire remonter les risques identifiés sur le terrain. »
 

INTERVIEW

Annabelle Warnier, assistante RH et référente TMS Pros

« J’ai suivi la formation TMS proposée par la Cramif. Ce programme nous a confortés dans notre volonté de travailler en profondeur sur la prévention des risques professionnels. Leur cartographie nous a d’ailleurs éclairés sur d’autres sujets que celui des TMS. Des mesures de bruit et de température sont ainsi prévues dans la lingerie, au bar, dans les cuisines ou à la plonge, et pourront éventuellement déboucher sur de nouvelles actions. »

Cette appropriation des questions de prévention par le personnel est également illustrée par des réunions hebdomadaires de bonnes pratiques mises en place pour les équipiers. Ces derniers, qui s’occupent du montage-démontage des chambres, du nettoyage et de l’entretien des couloirs mais aussi doivent répondre aux requêtes des clients, parcourent de nombreuses fois les longs couloirs de l’hôtel, ce qui les amène à faire plus de 8 km par jour. Le simple fait d’avoir mis, à chaque étage, des bacs contenant les différents équipements dont ils peuvent avoir besoin a amélioré la situation. « J’étais régulièrement obligé de descendre plusieurs étages pour récupérer du matériel, ou alors je devais le transporter avec moi à chaque déplacement. C’est beaucoup plus simple maintenant, affirme Madi Dibba, équipier. Je gagne du temps et dépense moins d’énergie. »

D’autres points d’amélioration ont été identifiés sur différents postes (petits déjeuners, cafétéria, standard) et feront l’objet d’actions dans les temps à venir. « Nous nous sommes inscrits dans une démarche de prévention pérenne, aussi bien en ce qui concerne les TMS que la prévention des risques professionnels en général. Ces questions font maintenant partie intégrante de notre vision de l’organisation du travail », se félicite Gersende Delcourt. 

INTERVIEW

Agnès Grimoin, contrôleur de sécurité à la Cramif

« Mes premiers contacts avec les équipes de l’Ambassador remontent à 2010. À cette période, l’hôtel était dans une phase de rénovation des chambres et deux projets de réaménagement étaient déjà soumis à la décision de la direction. J’ai pu intégrer le processus de réflexion et faire évoluer les plans pour qu’ils prennent mieux en compte les questions de sécurité au travail. La direction était donc déjà sensibilisée à cette problématique lorsque l’établissement a rejoint le programme TMS Pros. »

Damien Larroque

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