DOSSIER

GRTgaz a organisé en septembre 2016 une opération baptisée « quinzaine du bruit ». Objectif : informer et sensibiliser à ce risque tous les salariés, quelle que soit leur fonction dans l’entreprise. Les bonnes pratiques remontées du terrain et les questions suscitées durant cette quinzaine ont donné lieu à un plan d’action qui continue à vivre aujourd’hui.

Elle a eu lieu il y a plus de deux ans et pourtant, elle n’en finit pas de se faire entendre. En septembre 2016, s’est déroulée au sein de GRTgaz La Quinzaine du bruit. Cette campagne a été organisée par la direction prévention et maîtrise des risques (DPMR) d’une entreprise dont certaines activités peuvent être sources d’importantes nuisances sonores. Filiale d’Engie à 75 %, GRTgaz a pour mission la construction et l'exploitation des 33 000 km de réseau de gaz naturel haute pression (de 16 à 120 bars) sur tout le territoire national. Or les opérations sur le réseau de transport de gaz sous haute pression génèrent des niveaux de bruit parfois très élevés. À titre d’exemple, lors des purges, l’intensité sonore des détentes de gaz peut atteindre 140 dB(A). L’équivalent d’un réacteur d’avion (voir le schéma p. 13).

S’il a toujours été présent dans l’activité, le risque bruit était historiquement moins pris en compte que d’autres risques plus immédiats et massifs, tels le risque d’explosion ou d’inflammation. Pourtant, entre 2010 et 2016, le risque auditif a été associé à près de 40 % des accidents liés aux interventions sur les postes de détente et de livraison. « Cela nous a forcément interpellés », constate Olivier Serrière, responsable du département prévention et maîtrise des risques chez GRTgaz.

De là est née cette campagne de sensibilisation interne auprès de l’ensemble des 3 000 salariés de l’entreprise (environ 2/3 d'opérationnels et 1/3 de tertiaires). « Au-delà de la quinzaine du bruit, nous avons souhaité mener une action pendant une année sur ce sujet, avec l’objectif de faire prendre conscience du risque auditif à tous les salariés et de changer les comportements en faisant adhérer l’ensemble du personnel, remarque Olivier Serrière. Le service de santé au travail, le CidB (1) et d’autres professionnels de la prévention ont aussi été associés à la démarche. »

Remontées de bonnes pratiques

La Quinzaine du bruit s’est déclinée sous plusieurs formes : journées d’animation sur les principaux sites de GRTgaz, réunions d’équipes avec des études de cas et des remontées d’informations, campagnes de mesures d’expositions, animations sur les sites opérationnels avec l’aide d’un kit spécialement conçu pour l’occasion. Tous les jours, une vidéo pédagogique abordant un nouveau thème était diffusée. « Une des difficultés était d’atteindre les équipes de terrain, qui sont toujours en déplacement, poursuit Olivier Serrière. C’est pourquoi l’animation a été déployée auprès des managers de terrain via les préventeurs, qui avaient été formés au préalable en interne. »

Avec 190 réunions et 300 actions et bonnes pratiques remontées et analysées, La Quinzaine du bruit a permis de dégager quatre actions nationales. La première était la mise en place d’un audit des risques auditifs sur station de compression sur un site pilote. Celui-ci a eu lieu en 2018 en région nantaise, et son déploiement est prévu sur d’autres sites. Une offre de services « mesures sonores et étude simplifiée prélimi­naire sur un site tertiaire, une installation » a été mise à la disposition des équipes demandeuses. La diffusion d’atténu­ateurs de bruits lors des opérations de maintenance des postes a été généralisée.

Enfin, un abaissement du niveau sonore du restaurant interentreprise du site de Bois-Colombes a été réalisée. Au final, cette quinzaine a permis une sensibilisation collective et une meilleure prise de conscience du bruit au travail. Désormais, plus personne ne peut dire « on ne savait pas ».
Et en devenant pérenne, cette action est désormais véritablement intégrée à la culture d’entreprise. 

(1) CidB : Centre d’information et de documentation sur le bruit

GABRIEL LAGARDE, RESPONSABLE DE SECTEUR A NEUFCHATEAU, MANAGER DE PROXIMITÉ

« La Quinzaine du bruit a fait remonter des idées et des pratiques qui pouvaient être partagées entre les équipes opérationnelles réparties sur tout le territoire. Dans notre activité, il n’est pas possible d’éliminer le bruit. Certaines opérations, comme les mises à l’évent ou purges atteignent des niveaux sonores de 130-140 dB(A). C’est pourquoi il existe depuis de nombreuses années en interne un système d’innovations, pour inciter les équipes à développer du matériel adapté à nos besoins. Notre équipe a par exemple mis en place un système motorisé d’ouverture de robinet à distance qui a été primé en interne en 2007. L’intégration de silencieux sur nos équipements a également été déployée sur tout le territoire. Ces dispositifs réduisent les niveaux sonores de 20 à 35 dB(A) suivant les conditions de service de l’installation. Nous sommes aussi soumis à des problématiques d’engins et d’outillage, comme des pelles mécaniques ou des meuleuses. Le port de protections individuelles reste alors incontournable. »

Céline.Ravallec

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