DOSSIER

À Vannes-le-Chatel, en Meurthe-et-Moselle, le Centre européen de recherches et de formation aux arts verriers (Cerfav) propose des formations à différentes techniques verrières. Ses ateliers ont été pensés pour que les apprentis, stagiaires et enseignants travaillent en toute sécurité. Entretien avec Philippe Laurent, chargé de la sécurité au Cerfav.

Travail & Sécurité. Quelles mesures de prévention ont été mises en place dans vos ateliers afin de protéger les apprentis, les stagiaires et les enseignants du Cerfav ?
Philippe Laurent, chargé de la sécurité au Cerfav.
Selon le type de travail pratiqué, les risques pour la santé sont différents. Dans l’atelier de soufflage du verre à chaud, nos huit fours de réchauffe sont équipés depuis 1991 d’écrans filtrant les infrarouges et les ultraviolets afin de protéger les apprentis, les stagiaires et les enseignants de ces rayonnements émis par le verre en fusion, qui peuvent entraîner des pathologies de l’oeil. Nous venons tout juste d’installer un écran sur notre four de fusion principal. Si cette expérimentation est satisfaisante, cela nous permettra de nous affranchir de l’utilisation de lunettes de verrier. Dans le choix de ces EPI, nous avons suivi la réglementation sur les lunettes de soudage, car il n’existe pas de normes spécifiques pour les filtres utilisés pour le soufflage de verre. La teinte que nous avons choisie modifie peu la perception des couleurs, qui peut être un élément important pour estimer la température du verre. Par ailleurs, en 2002, nous avons remplacé tous nos fours de réchauffe en fibres céramiques réfractaires (1) par des fours en béton isolant. Outre l’intérêt pour la santé des utilisateurs, la durée de vie de ces fours est plus longue, même si les opérations de maintenance prennent un peu plus de temps. Pour le travail du verre à froid, le risque principal est la coupure. Nous fournissons deux paires de gants, d’épaisseur différente, à chaque personne, les tâches réalisées nécessitant plus ou moins de dextérité. Le parachèvement du verre se fait à l’eau, pour éviter que le verre chauffe et casse : cela permet de faire tomber les poussières de verre produites.

Qu’en est-il du risque lié à l’utilisation du plomb, dans la fabrication du cristal et des
vitraux ?
P. L.
Nous ne travaillons pas le cristal, nous ne sommes donc pas concernés par l’exposition au plomb lors du soufflage de verre. En revanche, le plomb est présent dans l’atelier de fabrication de vitraux. Nous avons actuellement six bras d’aspiration pour capter à la source ce métal lors du soudage des vitraux. Il faut toutefois les déplacer au niveau du point de soudure pour une efficacité maximale. Notre service de santé au travail, qui nous a aidés pour l’étude de certains postes et l’évaluation du risque chimique, nous a recommandé un système laminaire à fentes linéaires mobiles. Avec l’aide de la Carsat Nord-Est, nous recherchons celui qui serait le plus adapté au soudage de grands vitraux. Par ailleurs, le Cerfav est aussi un centre de recherche et mène actuellement une étude pour substituer le plomb dans les vitraux.

Quelle place est attribuée à la prévention des risques professionnels dans vos formations ?
P. L.
  Une formation à la santé et la sécurité est dispensée à tous nos apprentis et stagiaires dès leur accueil. Nous leur distribuons à cette occasion leurs EPI. Ils auront deux autres sessions complémentaires, au cours de leurs deux ans de pas­sage au Cerfav. Cette formation les sensibilise à la prévention des risques professionnels pour le travail qu’ils effectuent en entreprise et les prépare également pour les deux épreuves du diplôme de CAP por­tant sur l’hygiène et la sécurité. 

(1). Les fibres céramiques réfractaires sont classées cancérogènes de catégorie 1B par le réglement européen CLP.

LES FORMATIONS PROPOSÉES PAR LE CERFAV

Le Cerfav a ouvert ses portes en 1991 à Vannes-le-Chatel, en Meurthe-et-Moselle, dans une région de tradition verrière. Il propose quatre types de CAP : arts du verre et du cristal, qui forme au soufflage du verre, arts et techniques du verre, option vitrailliste ou décorateur sur verre, et soufflage (verrerie scientifique). Ces cursus regroupent une trentaine d’apprentis en alternance chaque année. Par ailleurs, une dizaine de personnes suivent chaque année la formation continue aux techniques du verre. D’une durée de deux ans, elle permet l’obtention d’un diplôme équivalent bac+2. Le Cerfav reçoit également, chaque année, une dizaine de personnes travaillant dans les métiers d’art et souhaitant créer leur entreprise. Il accueille en outre des professionnels qui veulent se spécialiser dans certaines techniques de travail du verre, pour des stages allant de quelques jours à plusieurs semaines.

Katia Delaval

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