DOSSIER

© Gaël Kerbaol / INRS

À l’occasion de son installation sur un nouveau site, la plate-forme logistique viticole V.S.S. s’est équipée d’un important système de renouvellement et d’assainissement de l’air dans l’espace de travail.

L’air recyclé est brassé et filtré toutes les heures. Au total, 150 000 m3 sont ainsi brassés chaque heure, 24 h/24.

L’air recyclé est brassé et filtré toutes les heures. Au total, 150 000 m3 sont ainsi brassés chaque heure, 24 h/24.

Depuis février 2014, l’entreprise V.S.S. occupe un nouveau site sur la commune de Martignas-sur-Jalle, en Gironde. Elle assure les fonctions supports et logistiques de la holding Videlot, spécialisée dans le négoce de vins. Les locaux, déjà existants, abritaient auparavant une corderie. Transformé pour sa nouvelle activité en plate-forme de distribution, le site comporte deux bâtiments de 10 000 m2 chacun, l’un dédié à la réception des produits, l’autre aux expéditions. 35 personnes travaillent sur le site, dont une vingtaine à l’activité logistique : réception des vins, gestion des stocks, préparation de commandes.

UNE ENTREPRISE, DES ACTIVITÉS

Videlot est une holding familiale dédiée au négoce de vins, basée à Bordeaux. Elle commercialise très majoritairement des vins d’appellation Bordeaux mais aussi quelques vins d’autres provenances ainsi que des spiritueux. Son entité Duclot effectue le négoce vers les particuliers et les professionnels. 50 % des ventes se font en France et 50 % à l’export (Europe, USA, Asie). V.S.S. regroupe les activités de logistique, d’informatique, de maintenance et les fonctions administratives, sur les sites de Martignas-sur-Jalle et de Bordeaux.

L’activité présente des pics saisonniers : en avril-mai pour les primeurs, où beaucoup de petits lots sont expédiés aux particuliers, et de novembre à mi-janvier. L’arrivée de l’entreprise sur ce site a foncièrement modifié les conditions de travail. « Avant, nous étions dans un vieux chai en pierre, en plein centre de Bordeaux, décrit James Furgala, responsable du site. C’était assez compliqué en matière d’organisation et de flux logistique. Il n’y avait pas de quai de chargement et de déchargement, les manutentions manuelles étaient contraignantes, l’environnement de travail relativement poussiéreux. » Aujourd’hui, l’espace de travail est tout autre et apprécié par le personnel. « En matière de flux, l’organisation est plus logique qu’avant », constate Damien Tierny, responsable réception.

Température et hygrométrie maîtrisées

Afin de maintenir à l’intérieur une atmosphère constante, la température de l’espace de stockage et de l’environnement de travail, l’isolation, la ventilation et l’assainissement de l’air intérieur des deux entrepôts ont fait l’objet d’une attention particulière. Un bardage double peau isole les bâtiments. Sous les plafonds, court un réseau de tubes en inox et de grosses gaines en textile assurant respectivement l’acheminement de l’air et sa diffusion. La présence de déstratificateurs contribue à homogénéiser la diffusion d’air dans le volume.

Autant de conditions qui bénéficient à la fois au vin et aux salariés. « C’est beaucoup mieux qu’avant, témoigne Laurent Harriague, magasinier cariste. La température est plus constante entre l’hiver et l’été. » Dans la zone de réception, l’espace est occupé par de hauts racks de stockage. « Pour obtenir une bonne ventilation de toutes les cellules, il fallait que la diffusion de l’air soit centrée sur les travées, explique Stéphane Crouhadé, responsable maintenance. Techniquement, le dispositif de ventilation est le même dans toutes les zones. Mais le système de répartition de l’air diffère en fonction de la configuration des différentes zones. » Dans la zone de préparation de commandes, les racks de stockage étant moins hauts, il n’y a pas besoin de gaines en textile. Des gaines en inox avec buses réparties régulièrement renouvellent l’air.

CHIFFRES

3,5 millions, c’est en moyenne le nombre de bouteilles qui transitent chaque année dans l’entrepôt. Entre 10 caisses et 3 palettes (représentant 49 caisses de 12 bouteilles ou 98 caisses de 6 bouteilles) sont reçues selon les références.
15 °C, telle est la température idéale de conservation du vin.
● 1 50 000 m3, c’est l’ordre de grandeur de l’ensemble du volume de l’entrepôt à ventiler.

L’air recyclé est brassé et filtré toutes les heures. Au total, 150 000 m3 sont ainsi brassés chaque heure, 24 h/24. Un filet d’air se ressent en permanence dans l’espace de travail. « Un bureau d’études nous a accompagnés et a géré le dossier pour la maîtrise d’œuvre, poursuit Stéphane Crouhadé. C’est lui qui a calculé et dimensionné le système. Étant donné les contraintes de délais du chantier – un peu plus de six mois pour tout faire –, lors de l’appel d’offres, nous avons opté pour un installateur qui avait une solide expérience et les ressources nécessaires pour assurer la prestation dans de bonnes conditions. » La maintenance de premier niveau, principalement le remplacement des filtres, est effectuée en interne. « Pour l’heure, il faut changer les filtres tous les trimestres », complète-t-il.

EXERGUE

“ L’entreprise s’est équipée d’un ensemble complet pour une bonne qualité de l’air intérieur.”

Pour le reste, après une année de fonctionnement, il est encore un peu tôt pour faire un premier bilan. Quelques soucis ont été rencontrés avec les humidificateurs, notamment des problèmes de condensation de gouttelettes aux plafonds qui vont nécessiter des ajustements. « Il est intéressant de constater que l’entreprise s’est équipée d’un ensemble complet pour une bonne qualité de l’air intérieur : système d’assainissement, de maintien en température et d’homogénéisation », commente Xavier Dotal, contrôleur de sécurité à la cellule conception des lieux et situations de travail à la Carsat Aquitaine. Des puits de lumière ont été créés dans la toiture et des ouvertures sur les façades permettent l’entrée de la lumière du jour et une vue sur l’extérieur, contribuant également à rendre l’environnement de travail plus agréable.

Plus largement, les manutentions manuelles restent la principale contrainte dans l’activité de V.S.S. Les caisses de six bouteilles pèsent une dizaine de kilogrammes et les caisses de douze bouteilles le double. L’activité d’étiquetage des bouteilles – une par une – est également importante (lire l’encadré « Des étiquettes mises manuellement »). Des aménagements sont prévus prochainement, notamment aux postes d’étiquetage « spécifique ».

DES ÉTIQUETTES MISES MANUELLEMENT

Selon les pays dans lesquels les vins sont commercialisés, les mentions légales à apposer sur les bouteilles ne sont pas les mêmes. Des étiquettes doivent être collées bouteille par bouteille, générant des manutentions manuelles importantes. La pose d’étiquettes antivol avant commercialisation pour le marché français se fait également manuellement. Une étiqueteuse automatique est opérationnelle dans l’entreprise mais ne sert qu’aux séries suffisamment importantes.

Céline Ravallec

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