Le cœur de métier de Mécamont Hydro est la maintenance de transports sur câbles. Logiquement, les équipes interviennent la plupart du temps sur site, en France mais aussi partout à travers le monde. Il y a un an et demi, l’entreprise a investi de nouveaux locaux, ce qui lui permet de travailler en toute sécurité lorsque des pièces sont apportées sur place pour être révisées, ou fabriquées à l’identique, mais aussi lors de la préparation minutieuse des chantiers. Une étape indispensable.

Ils interviennent sur des câbles, ou des remontées mécaniques, mais aussi sur des conduites forcées ou des sites industriels… Et le plus souvent sur site. « Mécamont Hydro est spécialisée dans la maintenance et l’entretien de transports par câbles. Mais nous intervenons également de plus en plus en industrie et dans le secteur hydroélectrique. Le savoir-faire de nos hommes est notre force, souligne Hervé Blanchard, le P-DG de l’entreprise. On ne peut pas faire n’importe quoi car les risques d’accidents du travail sont élevés. On fait donc tout pour que les opérateurs travaillent dans les meilleures conditions possibles. »

Lorsque l’activité le permet, les éléments sur lesquels interviennent les salariés sont apportés dans les locaux de Mécamont Hydro. Jusqu’en 2016, l’entreprise était installée à Arreau, dans les Hautes-Pyrénées. Sur un site un peu excentré, de l’avis du dirigeant. Pour répondre à sa croissance d’activité, il décide de s’installer sur un site de 5 hectares. À Lannemezan, toujours dans les Hautes-Pyrénées, mais cette fois-ci près de l’autoroute A 64. L’occasion de réfléchir à de nouvelles conditions de travail.

« Le site d’Arreau était vraiment vétuste et exigu. Quand nous avons pu récupérer les bâtiments de Carbone Savoie, nous n’avons pas hésité », explique Hervé Blanchard. L’entreprise compte alors moins de 50 salariés. « Ils n’avaient pas de CHSCT, remarque Christine Roulaud, contrôleur de sécurité à la Carsat Midi-Pyrénées. Mais ils avaient déjà mis en place une instance qui réfléchissait à ces questions de sécurité, un HSCT. » C’est donc tout naturellement avec ce groupe de travail que s’élaborent les plans des futurs locaux. Aujourd’hui, avec 72 salariés, l’entreprise a opté pour une délégation unique du personnel. « Surtout pour faciliter les démarches administratives », explique Aurélie Fillon, animatrice sécurité et chargée d’affaires en industrie.

Un atelier, cinq secteurs et du bruit

À Lannemezan, les bâtiments font 8 000 m2. Les abords bénéficient d’un plan de circulation avec sens giratoire, pour bien gérer les flux, notamment ceux générés par les 25 véhicules de l’entreprise. 1 500 m2 de bureaux bénéficient pour la plupart de fenêtres donnant sur l’extérieur. Un puits de lumière a également été créé. « Je pense néanmoins qu’à terme, il serait judicieux de déplacer la salle de réunion qui bénéficie de la lumière naturelle, pour que davantage de bureaux donnent sur l’extérieur », estime le contrôleur de sécurité. Les bureaux, accolés aux ateliers, sont bien isolés phoniquement.

REPÈRES

Mécamont Hydro a été fondée en 1981. Elle intervient dans 4 secteurs :
• remontées mécaniques,
• remontées mécaniques spéciales (blondins),
• installations hydroélectriques,
• installations industrielles.
• CA : 6 millions €

L’atelier est divisé en cinq espaces de travail : la chaudronnerie, l’usinage, la mécanique de précision, le montage et le traitement de surface (sablage, peinture). En chaudronnerie, « on fait surtout des moutons à cinq pattes », explique Sébastien Claverie, responsable de l’atelier. Cela va du châssis de remorques pour l’aérospatiale à la réparation de bennes de déchets ou encore des trémies de concassage. Et les pièces peuvent peser jusqu’à 20 tonnes ! Le niveau sonore peut être élevé. « Dans l’ancien atelier, le bruit dépassait les 90 dB(A), remarque Kate Marie, animatrice sécurité et qualité et responsable RH. Nous avons donc discuté de ce problème avec la Carsat, avant d’aménager nos nouveaux locaux. »

Le choix s’est porté sur l’isolation de l’atelier chaudronnerie et l’installation de panneaux micro-perforés double peau plus isolants de 80 mm, depuis le sol jusqu’au plafond qui culmine à 11 mètres, sur deux murs, soit 500 m2. Du côté des façades donnant sur l’extérieur, Mécamont Hydro a installé des panneaux acoustiques en fibres de polyester noir, hydrofuge et ininflammable.

La Carsat a accompagné l’entreprise avec une aide financière simplifiée portant sur la lutte contre le bruit. Grâce aux matériaux ajoutés aux murs, le local chaudronnerie est moins réverbérant qu’à l’origine. Les nouvelles mesures montrent que l’isolement entre le bureau et l’atelier de chaudronnerie est de 30 dB(A). Un vrai plus pour les salariés. Le bruit généré par la chaudronnerie parvient cependant jusqu’à l’atelier d’usinage, qui le jouxte : « Jusqu’à présent, on n’avait pas mis de porte entre les deux ateliers, on pensait que le mur suffirait. On va voir comment on peut éviter la propagation du bruit », remarque le P-DG.

Dans l’atelier chaudronnerie, quatre postes de soudage ont également été installés : trois modules semi-automatiques avec torches aspirantes et un mobile. Là aussi, la Carsat est intervenue pour inciter Mécamont Hydro à se doter de torches aspirantes. Elles sont supportées par des potences dotées d’équilibreurs. Des bras aspirants sont aussi positionnés sur des postes de soudage de petites pièces montées sur vireur. Le rejet des fumées se fait à l’extérieur.

« Nous avons acquis trois torches aspirantes, remarque Sébastien Claverie. On voit la différence au niveau des fumées. Mais elles sont moins maniables que les anciennes, il nous arrive parfois de devoir ressortir celles-ci ! » Tout le site est équipé d’aides à la manutention : une dizaine de ponts roulants de 3,2 tonnes à 20 tonnes, mais aussi des chariots sur roulettes et des chariots élévateurs. Un marquage au sol délimite chaque zone de travail, de façon à laisser les allées propres et dégagées.

Modernisation de l’équipement

Plus loin, se trouve le poste de grenaillage (à l’aide de billes d’acier) et de peinture. « On en faisait peu avant : on se mettait dans un bungalow, se souvient Jean Claverie, un peintre. C’était mal éclairé et pas chauffé… ou on sous-traitait. » Là, la cabine de grenaillage est neuve. Elle est mise en dépression grâce à une arrivée d’air par le haut et une aspiration horizontale. Dans la cabine de peinture à flux vertical de 108 m3, les travaux s’effectuent au pistolet pneumatique. « À terme, si l’entreprise était amenée à peindre fréquemment des pièces dépassant 1,80 m de haut, elle devrait acquérir un échafaudage », estime Christine Roulaud.

Les peintures sont préparées dans un local spécifique. Une machine à solvants permet de nettoyer en circuit fermé les pistolets de peinture. Une hotte a également été mise en place pour peser les préparations, mais la balance semble perturber les flux d’air. Un point à améliorer.

Enfin, tout au bout du hall, un panneau indique que nous sommes au magasin. Mais n’y entre pas qui veut. Une première zone accueille les véhicules au départ ou au retour d’un chantier. « C’est une zone de travail en commun », explique Philippe Miot, co-responsable du magasin. Lorsqu’il s’agit d’un départ sur un chantier, le chef de chantier vient récupérer les outils et les pièces qu’il a au préalable listés. Cela va des manilles, aux élingues, en passant par des masques, de la graisse ou des boulons. Tout est parfaitement rangé, identifié. Les caisses de chaque chantier sont préparées par le magasin.

« C’est un sujet sur lequel je ne lésine pas, insiste Hervé Blanchard. Quand j’ai des gars qui interviennent sur des câbles, ou des barrages, ou même dans le milieu industriel, sur de la grosse mécanique, la moindre défaillance – humaine ou matérielle – peut être fatale. » « Nous réalisons des vérifications périodiques, précise Philippe Miot. Nous avons un système de code couleur et de collier, notamment sur les élingues. A priori, impossible de passer au travers ! »

Le déménagement a apporté de nouvelles perspectives : avec ce nouvel outil de travail, les embauches et la proximité des voies de communication, le chiffre d’affaires de l’entreprise a progressé. Même si ça n’a pas toujours été facile. « Juste après l’aménagement à Lannemezan, l’entreprise a enregistré un pic de sinistralité, signale Christine Roulaud. Nous avons trouvé les explications : de nouveaux locaux, et donc de nouveaux repères ; des recrutements conséquents, et donc de nouveaux embauchés. » Depuis, les indicateurs sont nettement redescendus… De 10 accidents du travail en 2015, à 7 en 2016 et pour l’instant zéro en 2017.

« Nous continuons nos efforts, remarque Aurélie Fillon, en faisant régulièrement des audits terrain, des quarts d’heure sécurité et des formations. La sécurité est une préoccupation de tous les jours et un travail de longue haleine. » Mécamont Hydro est également en train d’installer, avec de nombreux partenaires, un banc d’essai pour les câbles... un vaste projet sur lequel le P-DG fonde de nombreux espoirs de développement.

DANS UNE CARRIÈRE

Martres-Tolosane, en Haute-Garonne, une carrière de calcaire de Lafarge. Il est 8 h. On repère facilement les véhicules blancs et rouges, parfaitement entretenus, de Mécamont Hydro. Les équipes sont sur place. L’une d’entre elles, composée de six personnes, achève une intervention de maintenance préventive sur un concasseur. Les heures sont comptées car l’ensemble de la carrière est arrêté pour ces travaux.

« Les interventions sur site sont minutieusement préparées, explique Régis Cubères, chargé d’affaires en industrie chez Mécamont Hydro. On procède à une inspection commune pour le chiffrage et la sécurité, afin de bien comprendre l’environnement dans lequel nous allons devoir travailler, d’informer l’équipe et de faire le choix du matériel. » Le chantier a été balisé, l’alimentateur consigné. Des salariés effectuent les dernières opérations de meulage et peinture. Olivier Desvaux, contremaître mécanicien et membre du CHSCT chez Lafarge, ne laisse rien passer. Surtout en matière de sécurité. Après avoir donné ses instructions, il se rend sur un autre chantier où doit être effectué un changement de roulement. Un camion-grue de Mécamont Hydro est en place pour cette intervention de dix jours, permettant d’apporter les caisses d’outils préparées par le magasin et deux bungalows, l’un pour se restaurer, l’autre pour ranger le matériel. « Cela fait six mois qu’on a mis cette organisation en place, et nous en sommes très satisfaits, remarque Régis Cubères. La grue nous permet de monter les caisses au plus près du chantier, ce qui limite les manutentions. Et avec les bungalows, on n’encombre pas inutilement les camions avec du matériel. » Avant de débuter le chantier, Olivier Desvaux questionne : « Y a-t-il du travail en hauteur, y a-t-il un risque d’explosion, y-a-t-il… » Avec son équipe, Mathieu Estremar-Ibor, chef de chantier chez Mécamont Hydro, passe en revue les étapes du chantier et identifie les risques. Il explique l’organisation et les moyens mis en place pour éviter tout accident et remplit la fiche d’analyse des risques demandée par Lafarge. « C’est très bien, remarque Christine Roulaud. Cela s’ajoute au quart d’heure sécurité de Mécamont et toute l’équipe y participe. » Au final, trois permis différents seront donnés par Lafarge pour cette intervention : un permis de feu, un permis de levage et un permis de travail en hauteur. Ce n’est qu’après une bonne demi-heure que le chantier proprement dit peut commencer. En toute sécurité.

Delphine Vaudoux

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