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© Fabrice Dimier pour l’INRS - 2022

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LE MOIS de la sécurité routière, en juin dernier, a été l’occasion pour toutes les organisations professionnelles de mettre en place des actions de sensibilisation aux risques routiers. « Cela a notamment permis de reparler du port de la ceinture dans les engins de chantier, indique Catherine Jarosz, experte d’assistance conseil à l’INRS. Il s’agit là d’une problématique réelle, car cette sécurité est très fréquemment oubliée. Le port de la ceinture est souvent jugé peu pratique par l’opérateur qui doit monter et descendre de sa cabine plusieurs fois par jour… Cependant, il faut rappeler que tout engin de chantier est équipé d’une ceinture de sécurité et que son port est bien obligatoire » (NDLR : Des exceptions sont prévues pour certaines machines : voir article 3.2.2 de l’article R. 4312-1, annexe I, du Code du travail. Lire également Chariot automoteur : prévenir le risque de renversement latéral et d’éjection du conducteur, ED 125, INRS).

Et pour cause, en cas de basculement ou de renversement accidentel d’un engin, ne pas porter la ceinture peut causer d’importantes blessures, voire coûter la vie. « Statistiquement, lorsqu’un engin se renverse, le risque de blessure mortelle est très important, précise l’experte de l’INRS. Cela tient au fait que, spontanément, en cas de basculement, l’opérateur va tenter de s’éjecter de la cabine ce qui entraîne généralement son écrasement par la machine. Boucler la ceinture permet à l’opérateur d’éviter de se faire éjecter et de bénéficier de la protection de la cabine. » Autre raison de boucler sa ceinture au volant d’un engin de chantier : assurer un meilleur maintien dans le siège de véhicules qui évoluent généralement sur des terrains accidentés (Pour aller plus loin : Réduction des vibrations au poste de conduite des engins de chantier, ED 6130, INRS).

Des dispositifs de signalement

« Tout cela peut être rappelé lors des quarts d’heure sécurité, le matin, afin que l’opérateur prenne bien l’habitude d’y penser, rappelle Catherine Jarosz. Certaines entreprises vont plus loin en mettant en place, en partenariat avec les constructeurs, des ceintures de couleur fluo afin que le chef de chantier puisse facilement contrôler visuellement le port de la ceinture par ses équipes. Dans les travaux publics, sur certains chantiers, des gyrophares de couleurs différentes peuvent être installés sur les cabines pour indiquer si la ceinture est enclenchée et bouclée. Également sur demande des entreprises auprès du constructeur, il peut aussi y avoir un asservissement du moteur, ce qui fait que si la ceinture n’est pas attachée, l’engin ne démarre pas. »
À noter que pour être conformes aux nouvelles normes, les engins de chantier désormais mis sur le marché devant comporter des dispositifs de signalement, sonore et/ou visuel, de non-port de la ceinture. 

Propos recueillis par L.F.

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