ACTUALITÉS

L’état de santé psychologique des salariés français reste très dégradé : 41 % d’entre eux se déclarent en situation de détresse psychologique (. Ce chiffre – datant de juin 2022  – reste stable par rapport à mars 2022 mais il vient rappeler que la crise de la Covid continue de peser lourdement sur le mental des salariés. À titre d’exemple, les taux de burnout sont toujours trois fois plus élevés depuis la pandémie avec 34 % des sondés qui indiquent être en situation d’épuisement professionnel, dont 13 % en burnout sévère. Face à cette situation de souffrance, les intentions de quitter son emploi sont en nette augmentation puisque 37 % des salariés interrogés déclarent vouloir partir de leur entreprise (+ 5 points depuis mars 2022).

Si la question de la rémunération apparaît comme un facteur clé de cette envie de changement, les salariés déclarent avoir également des attentes importantes en termes de reconnaissance, d’évolution professionnelle, d’ambiance de travail et de management. Pour Christophe Nguyen, psychologue du travail et président d’Empreinte Humaine, cette détresse psychologique persistante et ce désengagement des salariés viennent pointer du doigt la réaction des entreprises post-Covid : « La réponse des organisations n’a pas été au niveau sur la question des conditions de travail. Des actions ont été mises en place, comme des lignes d’écoute psychologique, mais sans véritable travail de fond avec une réflexion globale sur le sens du travail, la question des collectifs face au télétravail... Dans de nombreuses entreprises, on a voulu se persuader que la crise de la Covid n’avait rien changé : c’est une erreur qui se traduit très clairement dans le ressenti des salariés. »

Les chiffres du baromètre viennent aussi pointer le contexte global qui semble peser lourd sur le moral des salariés : 87 % d’entre eux envisagent une évolution négative de leur pouvoir d’achat dans les prochains mois, un tiers des sondés indiquent que le contexte mondial et économique a un impact négatif sur leur santé mentale, 7 salariés sur 10 craignent de ne pas pouvoir tenir jusqu’à l’âge de la retraite en cas d’allongement de la durée de cotisation…

Propos recueillis par L.F.

Haut de page